Duffy, qui a connu une longue carrière de journaliste au réseau CTV avant d'être nommé au Sénat par les conservateurs en 2008, est aussi accusé d'avoir frauduleusement accordé un contrat de 65 000$ à son ami de longue date, Gerald Donohue.

31 accusations déposées contre Mike Duffy

Dans le scandale des dépenses au Sénat, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a déposé jeudi 31 chefs d'accusation contre le sénateur suspendu Mike Duffy, notamment de fraude, d'abus de confiance et de corruption de fonctionnaire judiciaire.
Selon les accusations de la GRC, la fraude commise par Mike Duffy s'élève à plus de 200 000 $.
La police fédérale a déclaré que son enquête au sujet du sénateur suspendu, anciennement du caucus conservateur, est maintenant terminée.
Il s'agit du troisième sénateur accusé par la GRC relativement au scandale des dépenses au Sénat. Les deux autres sont Patrick Brazeau, ex-conservateur, et Mac Harb, un ex-sénateur libéral.
Mike Duffy est toutefois celui qui fait face, et de loin, au plus grand nombre de chefs d'accusation.
Il va comparaître en Cour le 16 septembre.
Initialement entamée pour examiner des allocations de logement et de frais de subsistance que Mike Duffy aurait indûment réclamés, selon le Sénat, la GRC a depuis élargi considérablement son enquête, a indiqué le commissaire adjoint Gilles Michaud, dans une déclaration lue au quartier général de la GRC jeudi.
La police fédérale s'est notamment penchée sur le chèque de 90 000 $ émis par l'ex-chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, à Mike Duffy, pour l'aider à rembourser ses dépenses au Sénat.
Plus précisément, les chefs d'accusation ont porté sur ses réclamations de logement pour une supposée résidence secondaire à Ottawa, pour une somme de 90 000 $; sur des réclamations de dépenses non reliées à ses activités du Sénat pour plus de 50 000 $; sur l'octroi de contrats de consultation dont il a tiré un profit personnel, pour plus de 60 000 $; et finalement pour avoir accepté ou tenté d'obtenir le chèque de 90 000 $ de Nigel Wright.
Enquête exhaustive
L'enquête a été exhaustive, soutient le commissaire Michaud.
«Depuis l'ouverture du dossier en 2013, une équipe d'enquêteurs de notre Section des enquêtes internationales et de nature délicate a passé au peigne fin des demandes de remboursement, des relevés bancaires, des registres d'appels téléphoniques et des milliers de courriels portant sur une période de quatre ans», a-t-il précisé.
Les enquêteurs ont aussi interrogé de nombreux témoins de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan, de l'Ontario et de l'Île-du-Prince-Édouard.
Pour le député libéral Marc Garneau, toute cette affaire illustre le manque de jugement du premier ministre Stephen Harper.
«Un manque de jugement en nommant Mike Duffy au Sénat alors qu'il ne répondait manifestement pas aux exigences de cette fonction. Un manque de jugement en favorisant une culture où il semblait normal aux yeux des membres de son cabinet de remettre de l'argent à un sénateur et d'étouffer l'affaire», a fait valoir le député libéral.
Stephen Harper n'a pas été accusé dans cette affaire et n'est pas non plus sous enquête de la GRC.
Mais Marc Garneau aimerait le voir témoigner sous serment au procès de Mike Duffy pour faire toute la lumière sur ce scandale et enfin savoir ce que le premier ministre savait et ce qu'il a approuvé.
Prétentions peu crédibles
Il trouve peu crédibles les prétentions du premier ministre voulant que Nigel Wright a agi et a donné un chèque à Mike Duffy sans qu'il en soit informé.
La GRC a aussi indiqué qu'elle étudie toujours une autre affaire liée au Sénat. L'enquête contre la sénatrice Pamela Wallin est d'ailleurs toujours en cours.