Première femme à avoir nagé Montréal-Québec, Heidi en était dimanche à un huitième marathon de nage complété en huit tentatives.

250 km de nage: Heidi Levasseur ne fait pas les choses à moitié

Heidi Levasseur n'a pas fait les choses à moitié. Non seulement elle a relevé son défi de nager les 250 kilomètres séparant Montréal de Québec, mais elle a aussi atteint son objectif qui était de battre son temps combiné réalisé en 2010 qui était de 48 heures. La marathonienne aquatique a mis cette année aux alentours de 36 heures et demie pour relier les deux villes.
Attendue à la plage du parc de l'Anse-Tibbits vers 14h, dimanche, Heidi a mis fin à son périple dans le fleuve Saint-Laurent 15 minutes plus tard. Dans une bien meilleure forme qu'il y a quatre ans, alors qu'elle avait dû combattre une gastro-entérite qui l'avait obligée à demeurer à quai à Trois-Rivières pendant deux jours, la Carougeoise d'origine a été accueillie par parents et amis. Questionnée sur les raisons expliquant pourquoi son chrono avait fondu de presque 25 %, elle a d'abord parlé de sa préparation, puis d'une meilleure stratégie.
«Ce qui m'a beaucoup aidée, ce fut d'avoir des capitaines d'expérience qui m'ont tracé le meilleur chemin possible», a mentionné Heidi qui espérait améliorer son temps de deux ou trois heures. «Et grâce à ce que j'ai appris en 2010, nous avons évité d'aller dans certains endroits, comme l'eau plus stagnante où l'on retrouve plus de bactéries. Nous avons plutôt toujours suivi le canal de navigation, là où l'eau circule. Nous avons aussi pu profiter de bonnes marées qui m'ont permis de maximiser ma vitesse.»
Partie de Montréal le dimanche 6 juillet et ayant profité d'une journée de congé, Heidi a mis sept jours pour terminer son périple à raison d'une quarantaine de kilomètres par jour. Elle a mentionné que son marathon aquatique s'était bien déroulé, la journée la plus difficile ayant été la deuxième.
«Il pleuvait et c'était plus frais. Et l'eau du fleuve entre Montréal et Trois-Rivières est moins chaude. J'ai donc eu froid une bonne partie de la journée. J'ai dû prendre davantage de boissons chaudes et lorsque j'arrêtais de nager pour prendre des pauses, je m'arrangeais pour que celles-ci soient les moins longues possible.»
«Si je compare mon périple à celui que j'avais fait en 2010, je dirais que les trois premières journées ont été un peu plus difficiles cette année. Le reste s'est très bien déroulé à l'exception des petites nausées avec lesquelles j'ai dû composer lors de ma journée de congé et le lendemain. J'ai alors cru avoir les mêmes symptômes de ce que j'avais eu en 2010. Mais finalement, tout s'est réglé.»
Un défi de taille
C'est dans le but d'amasser de l'argent et des denrées pour les organismes locaux associés aux banques alimentaires situées le long de son parcours, dont le comptoir Le Grenier à Lévis, que Levasseur s'est attaquée au fleuve Saint-Laurent. La marathonienne aquatique a mentionné que même si son périple était terminé, les gens pouvaient continuer à offrir des dons.
Première femme à avoir nagé Montréal-Québec, elle en était dimanche à un huitième marathon de nage réalisé en huit tentatives. Quel sera son prochain défi? La Trifluvienne d'adoption a avoué qu'elle caressait un très grand rêve.
«Si j'ai le financement, si j'ai l'équipage et que l'on me donne le go, j'aimerais traverser l'océan Atlantique. Ça serait un projet de plusieurs mois à raison de trois journées de nage d'environ huit heures pour une journée de congé», a lancé la nageuse visiblement inspirée par le slogan brodé sur sa combinaison isotherme : Nage vers tes rêves.
Une seule femme a traversé l'océan Atlantique à la nage, soit Jennifer Figge en 2009. Elle était partie de l'Afrique en direction des Bahamas. Elle avait finalement dû se rendre à Trinidad à cause du mauvais temps. Jamais une femme n'a traversé l'Atlantique Nord à la nage. Un seul homme l'a fait, soit le Français Benoît Lecomte en 1998, alors qu'il était parti du Massachusetts pour terminer son parcours en Bretagne.