Le palais de justice de Québec

20 000 $ pour un «désastre» chez la coiffeuse

Brûlée par une décoloration capillaire qui a mal tourné, une jeune femme de 20 ans recevra un peu plus de 20 000 $ pour compenser l'«événement désastreux» vécu dans un salon de coiffure de Québec.
Les événements remontent à mai 2009, alors que la jeune femme était âgée de 16 ans et étudiait à Québec. Elle s'est rendue à la Boutique Hair Coiffure, sur le boulevard de l'Ormière, pour obtenir une décoloration capillaire suivie d'une teinture.
Cette dernière étape n'a jamais eu lieu, la jeune femme se plaignant de douleur et d'élancements pendant le traitement de décoloration. Après avoir alerté la préposée du salon de coiffure, elle constate que ses cheveux ont perdu en longueur et qu'ils sont brûlés.
Visiblement mal à l'aise, la coiffeuse lui propose une mise en plis, mais la chaleur du séchoir lui cause trop de douleur au cuir chevelu. Elle quitte le salon de coiffure et sa mère l'amènera plus tard à l'urgence, où on lui prescrit une crème pour les brûlures chimiques.
La jeune femme a dû se faire raser pour faciliter la guérison des plaies ouvertes sur son cuir chevelu. Lors de son témoignage à la cour, elle a expliqué avoir porté une perruque pendant six mois, ce qui lui a valu des railleries de ses compagnons de classe. Elle s'est alors refermée sur elle-même, sombrant dans un état dépressif durant quelques mois.
Elle conserve aujourd'hui des zones à l'arrière de la tête où ses cheveux ne repousseront pas, à moins d'avoir des greffes capillaires. Un chirurgien esthétique évalue son «préjudice esthétique permanent» à 3 %.
La juge Dominique Langis, de la Cour du Québec, a estimé le mois dernier que la jeune femme avait vécu un «événement désastreux» causé par la négligence de l'employée du salon de coiffure.
«Il est anormal qu'une jeune femme de 16 ans, qui s'adresse à un professionnel de la coiffure afin de recevoir un traitement conforme aux règles de l'art, quitte le salon de coiffure dans un état semblable», note-t-elle dans son jugement.
La juge reconnaît qu'une teinture comporte un «risque de réaction» par son utilisation de produits chimiques. Mais ce sont aux coiffeurs à l'assumer, tranche-t-elle.
Elle ajoute que cet incident aurait pu être évité si la professionnelle fautive avait fait un test préalable de décoloration sur le cuir chevelu de la jeune femme.
La demanderesse réclamait plus de 50 000 $ pour compenser son «préjudice esthétique», les douleurs et les inconvénients qui ont suivi sa visite au salon de coiffure.
La juge Langis a finalement condamné la Boutique Hair Coiffure à lui verser 20 000 $, puisque la victime ne ressent plus de douleur et n'a pas subi de limitation fonctionnelle.