Le 2 décembre 1969, un brasier détruisait complètement la résidence Le Repos du vieillard, à Notre-Dame-du-Lac, tuant 39 de ses occupants.

2 décembre 1969: Le Repos du vieillard brûlait à Notre-Dame-du-Lac

Le Bas-Saint-Laurent n'en est pas à sa première tragédie d'envergure en matière d'incendie dans une résidence pour personnes âgées. Le 2 décembre 1969, un brasier d'une puissance inouïe détruisait complètement la résidence Le Repos du vieillard, à Notre-Dame-du-Lac, tuant 39 de ses occupants.
L'élément destructeur, allumé d'une main criminelle, s'était déclaré aux alentours de 6h ce jour-là. En 10 minutes, les flammes avaient rayé de la carte l'immeuble de bois et tué tous ces gens, alors qu'une trentaine de personnes avaient pu évacuer les lieux à temps. Les pompiers de la petite municipalité et des localités avoisinantes n'avaient pu rien y faire.
«Je n'oublierai jamais ce que j'ai vu», avait d'ailleurs déclaré au Soleil le sacristain de la paroisse, Roger Perron, qui avait assisté impuissant à la tragédie.
Celle-ci avait soulevé à l'époque un débat important sur la sécurité dans ce type d'établissement. Alors député libéral dans l'opposition, René Lévesque avait vidé sa frustration dans les médias, en comparant le bâtiment qui avait flambé à un «nid à feu invraisemblable» et il y voyait «quelque chose de scandaleux qui frisait le criminel».
Lors de la campagne électorale de 1966, Lévesque s'était rendu au Repos du vieillard. Bouleversé par l'état de l'immeuble, il avait informé les autorités compétentes pour que la résidence soit condamnée. Mais rien n'avait été fait, avec le résultat qu'on connaît.
Pas d'égard à la sécurité
L'édifice en bois était en très mauvaise condition et ne respectait aucun critère minimal de sécurité. La maison, qui avait déjà été incendiée dans le passé, avait été agrandie à plusieurs reprises, sans égard à la sécurité de ses occupants, afin d'accueillir le maximum de pensionnaires.
Le premier ministre de l'époque, Jean-Jacques Bertrand, avait alors parlé d'une «catastrophe» et d'une «effroyable tragédie», qui avait conforté le gouvernement dans sa décision de construire entre 75 et 100 résidences pour aînés par année, afin de remplacer les établissements vétustes.
Le plus embarrassant dans toute cette histoire, c'est que c'est un résident de l'endroit, Louis Chiasson, qui avait allumé l'incendie dans la buanderie de la bâtisse. Aux prises avec des problèmes d'alcool, l'homme de 64 ans avait mis le feu dans un tas de papiers, espérant qu'un employé ou un autre résident le voit par la suite éteindre les flammes.
Il voulait ainsi prouver sa valeur aux occupants et aux employés de la résidence, lui qui effectuait parfois de menus travaux dans le bâtiment. Son plan avait lamentablement échoué.
Le jour du drame, il avait même accordé une entrevue au Soleil, affirmant qu'il avait tout fait pour sauver des aînés, mais qu'il en avait été incapable. «Tout s'est produit tellement rapidement, que j'ai eu à peine le temps de me sauver moi-même!»
Le 30 décembre 1969, il était arrêté et confessait à trois enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) avoir allumé l'incendie dans l'objectif de passer pour le héros qui avait maîtrisé le brasier. En janvier 1971, un jury le reconnaissait coupable à la conclusion de son procès et le juge le condamnait à la prison à vie.