Après avoir été dans le groupe de tête pour une longue partie de la course, Alex Harvey (à gauche) est tombé à deux kilomètres de l'arrivée, ce qui l'a empêché d'atteindre le top 10 comme il le souhaitait.

19e au 50km: une dernière tuile pour Alex Harvey

Dans un parcours conçu par et pour les Russes, Alex Harvey a bouclé les Jeux olympiques sur une autre malchance, dimanche au Centre de glisse Laura, où une chute à deux kilomètres de l'arrivée l'a empêché d'atteindre son objectif du jour. Pendant que les fondeurs locaux envahissaient le podium, celui de Saint-Ferréol-les-Neiges terminait au 19e rang.
Il s'agissait tout de même du meilleur résultat canadien dans cette longue distance en style libre, une bien mince consolation pour l'athlète de 25 ans qui s'est tenu à l'avant pendant la majorité de la course.
«Je suis tombé à deux kilos de la fin, ça fait ch... un peu. Je n'avais pas le podium dans les jambes, mais j'étais confiant pour le top 10. J'aurais été vraiment content d'en faire un, mais dans un parcours comme celui-là, il y a des limites à espérer», disait Harvey au terme d'un effort d'une heure, 47 minutes, 40 secondes et 9 dixièmes.
Il a terminé à 45,7 secondes du vainqueur Alexander Legkov, qui a mené le triplé russe complété par Maxim Vylegzhanin et Ilia Chernousov. Au début des Jeux, Pierre Harvey - le père d'Alex - avait justement expliqué aux lecteurs du Soleil que le parcours avantagerait les skieurs du pays des steppes.
«Ils ont construit le parcours pour les Russes, et qu'ils fassent un, deux, trois, ce n'est pas surprenant, en particulier pour le 50 km. Il était temps que ça paye pour eux parce qu'ils n'avaient pas eu un gros championnat avant aujourd'hui [dimanche]», constatait Harvey à propos de ses rivaux.
Fartage adéquat
Pour sa cinquième course des Jeux, il se sentait bien et profitait de skis adéquats. En fait, il disait qu'en première moitié de cette longue épreuve, les siens et ceux de son coéquipier, Ivan Babikov (20e), étaient les plus rapides du peloton. Voilà qui explique sa présence dans le groupe de tête pour une longue partie de l'avant-midi.
«Les gars se sont vraiment repris, avouait-il à propos des farteurs. Comme nous pouvions revenir à l'avant dans les descentes, on pouvait relaxer dans les montées, ce qui nous permettait de sauver de l'énergie. Mais avec une aussi longue montée [environ 2 km] de plus de quatre minutes, je devais sauver ma jambe sinon j'ai crampé», a expliqué celui qui traîne un problème de circulation qui l'incommode dans les pentes trop abruptes.
Qu'importe, les Russes étaient imbattables sur leur terrain de jeu. Même le Norvégien Petter Northug Junior, le plus grand parmi les grands, n'a pas connu des Jeux à la hauteur de sa réputation.
«Je suis content que ça se termine parce que ça n'a pas été à notre goût, mais j'aimerais que ça recommence tout de suite, que je me réveille d'un mauvais rêve. Je n'ai pas de regrets, mais des déceptions. Il n'y a pas une journée où l'on peut être satisfait du résultat dans ces Jeux. Aujourd'hui [dimanche], j'avais des skis pour gagner, mais pas les jambes, et en plus, je suis tombé. Ça n'a pas été un bon championnat pour nous», a affirmé sans détour celui qui a glissé sur un bâton - blanc de surcroît - qui traînait tout juste devant lui en fin de parcours.
Harvey ne voulait pas épiloguer sur les raisons de la domination russe. Il déviait plutôt la conversation sur l'Autrichien Johanns Dürr, reconnu coupable de dopage à l'érythropoïétine (EPO). «L'Autrichien qui s'est fait prendre à l'EPO, il aurait été bon en maudit dans cette course-là. On sait qu'il y en a, mais c'est bon qu'ils les pognent, je vois ça comme un bon signe.»