Des membres des Remparts de 1971 , champions de la Coupe Memorial, étaient présents vendredi sur la glace du Colisée. À l'avant, l'entraîneur Maurice Filion est entouré de Michel Brière et de Guy Lafleur. À l'arrière, André Savard, Charles Constantin, Pierre Roy, qui avait ressorti son veston de l'époque pour l'occasion, et Jean Lamarre.

1971, comme si c'était hier

«Je me souviens que dans ce coin-ci, il y avait un Noir qui dansait», lance Guy Lafleur, en pointant une section des estrades. «Il y avait aussi un dénommé Gilles Doré, je pense, qui avait un sombrero sur la tête. C'était vraiment spécial! Une ambiance que je n'ai pas retrouvée ailleurs.»
Planté sur la patinoire d'un Colisée de Québec vide, quelques heures avant le match de vendredi, Lafleur revivait la campagne 1970-1971 des Remparts en or. Saison de rêve couronnée par la conquête de la Coupe Memorial. Auteur de 130 buts et 209 points en 62 matchs réguliers, Lafleur menait un club pourvu de quatre marqueurs d'au moins 50 buts et 100 points, avec Michel Brière, André Savard et Jacques Richard.
Ils étaient 17 membres de cette fameuse équipe réunis vendredi, dont Lafleur et l'entraîneur-chef Maurice Filion. «Maurice était dur. Pas aussi dur que Scotty Bowman, mais il était dur», sourit le célèbre numéro 10, qui portait le 4 durant ses deux années chez les Remparts.
«C'était différent de la LNH. Ici, les gens s'identifiaient, c'était leur équipe», se remémore Lafleur. «Partout où on jouait, que ce soit à Saint-Jérôme, Verdun, Cornwall, il y avait sept, huit autobus de partisans qui nous suivaient. Lors des matchs dans les séries, les gens couchaient à l'extérieur du Colisée pour avoir des billets. Dans des tentes! Je n'ai pas vu ça au niveau professionnel, même en finale de la Coupe Stanley.»
Le portrait de leur père
Quarante-quatre ans plus tard, ils ont un peu changé. Les joueurs ressemblent tous à leur père, rigole Lafleur. Mais le défenseur Pierre Roy, natif de Thetford Mines et ancien des Nordiques de l'AMH, portait avec fierté son veston d'équipe de l'époque, à peine «un peu serré».
Le petit défenseur Bill Landers renouait avec plusieurs amis qu'il n'avait pas revus. Du temps où ce Montréalais qui ne parlait pas un mot de français en arrivant à Québec disait «coépiquiers» au lieu de «coéquipiers». Et ses vieux chums n'ont pas manqué de le lui rappeler.
«C'est probablement le plus beau temps de ma vie! On était vedettes, même si on était des adolescents», confie celui qui n'a jamais évolué dans les rangs professionnels. Il a travaillé toute sa carrière au Canadian National et est maintenant retraité.
Malgré ses 5'8" et ses 162 livres, Landers ne rechignait jamais sur le jeu rude. «Je jouais très dur et j'aimais ça. Encore aujourd'hui, si j'étais sur la glace, j'en planterais quelques-uns!» laisse tomber ce grand-père de 63 ans, sourire aux lèvres et yeux brillants derrière ses lunettes.
Ne manquaient que quatre joueurs aux retrouvailles : Jacques Richard et Jacques Locas sont décédés, Pierre Duguay ne pouvait pas être de la fête et Rene Lambert n'a pas été retracé.