16e Mois multi: dimensions parallèles

Chaque installation du 16e Mois Multi occupe un espace intimiste, comme une alvéole, qui invite à entrer en relation privilégiée avec l'oeuvre par la vue, l'ouïe, et parfois le toucher. Le visiteur expérimente une série d'immersions dans de petits mondes parallèles, de l'autre côté du miroir, où d'étonnantes rencontres l'attendent.
1- Arthy explique... vous ne serez jamais un artiste génial
Du collectif virtuel finlarmoiement, hall de Méduse
En tête-à-tête avec le robot Arthy, le visiteur est invité à répondre à des questions pour déterminer s'il a oui ou non le potentiel de devenir un artiste génial - un peu comme s'il se retrouvait devant une version plus évoluée des diseuses de bonne aventure des machines de fête foraine. Les propos du robot sur l'art, les clichés et les paradoxes de l'artiste suscitent une bonne dose de rire... à défaut de conforter les visiteurs dans leurs aspirations artistiques.
2- Micro events
de Tom Kok et Britt Hatzius
Galerie des arts visuels, jusqu'au 22 mars
Pendant que vous observez de minuscules chorégraphies de matière à travers la lentille d'un microscope, une voix vous décrit l'événement avec un labyrinthe de détails et des formules propres au discours scientifique. Pourtant, ce qui est dit et ce que vous voyez ne s'accordent pas, le mécanisme de la fascination se détraque et le doute s'installe.
3- Eotone
d'Herman Kolgen et David Letellier
Musée national des beaux-arts, cette fin de semaine de 10h à 17h
Des capteurs placés à Montréal, à Québec, à Nantes et à Rennes mesurent en temps réel la force et la direction du vent. Ces données sont transmises à un ordinateur qui active quatre grandes machines installées au MNBAQ, qui pivotent comme des girouettes et résonnent comme des cornes de brume pour incarner les déplacements d'air des deux côtés de l'Atlantique. Leurs chants pourraient, s'ils s'alignaient, créer une harmonie, note le concepteur, Herman Kolgen. Il imagine déjà faire danser côte à côte les porte-voix des vents de deux villes ennemies, en hommage à ces mouvements d'air qui se fichent des frontières humaines.
4- Tropique
d'Étienne Rey, Studio d'essai de Méduse
Des rayons lumineux, provenant de trois sources placées côte à côte, remplissent la pièce, semblant vouloir nous communiquer quelque chose, nous hypnotiser, voire nous avaler. L'attraction est réciproque, puisque les faisceaux sont attirés par nos visages. Cet espace habitable, réactif et immatériel a été baptisé Tropique, du nom de cette ligne imaginaire sur la Terre où temps et espace se rencontrent, puisque le soleil y est au zénith au moment du solstice, explique le Français Étienne Rey.
5- Blur rouge carmin
de Manuel Chantre, Salle Multi
Sur une structure multifacettes transparente sont projetées des images vaporeuses, aquatiques ou géométriques qui se modifient sans cesse. On peut faire le tour de cette sculpture-écran, mais également contrôler ce qu'on y voit avec des mouvements de mains au-dessus d'une colonne de contrôle, dont le visiteur doit deviner intuitivement le fonctionnement.
6- La couvée
d'Alexis O'Hara, Salle Multi
Une fourrure blanche où s'étendre, sous les sphères fibreuses, en se laissant envelopper par des sons souterrains et subaquatiques. Ceux-ci ont été collectés pendant la fabrication de l'installation, qui est une représentation métaphorique de toutes les ovulations que connaîtra une femme pendant son cycle de fertilité, indique la conceptrice. Celle-ci a organisé des «corvées couvée» avec son entourage pour réaliser les globes qui semblent tantôt tissés, tantôt crochetés.
7- The Blind Robot
de Louis-Philippe Demers, Salle Multi
Le visiteur peut expérimenter un autre face-à-face robotique, mais cette fois avec une paire de bras plutôt qu'une tête parlante. Le robot aveugle tapote tout doucement le visage de celui qui s'assoit devant lui. «Le même contact est vécu tout à fait différemment si le robot est présenté comme un instrument médical», illustre le concepteur. «Le type d'interaction ne réside jamais dans l'objet lui-même, mais dans notre perception.»
8- Fenestra et BPM 37093
de Léna Mill-Reuillard et Julie Tremble, VU, jusqu'au 15 mars
Avec des photographies de pièces vides, uniquement habitées par des formes de lumière ou des ombrages, Léna Mill-Reuillard réussit à matérialiser des présences invisibles, frissonnantes. Julie Tremble s'intéresse quant à elle aux représentations des météorites dans les films de fiction, selon les époques et les différentes esthétiques.
9- De choses et d'autres
de Samuel St-Aubin, Avatar, jusqu'au 15 mars
Dans ce qui ressemble à la cuisine d'un inventeur loufoque, un pois roule autour d'une assiette, un oeuf passe d'une cuillère à l'autre, du thé dessine des cernes dans une tasse tournante. Samuel St-Aubin s'amuse, avec des objets du quotidien, à orchestrer des expériences mystérieuses et perpétuelles, dont certaines s'activent uniquement pour ceux qui savent demeurer immobiles très longtemps. Étrangement fascinant.
10- La femmedans la chambre
d'Andrée-Anne Roussel, La Bande Vidéo, jusqu'au 8 mars
On entre et, sur l'écran, une femme allongée bouge, se retourne, s'assoit, nous dévisage, réagissant à nos déplacements et à notre position dans l'espace. Au centre de la pièce, il y a le fauteuil du voyeur ou de l'amant de cette femme dont le regard rappelle la jeune fille à la perle de Johannes Vermeer.
NOTE : Sauf indication contraire, les installations sont accessibles encore pour toute la fin de semaine de 12h à 18h. Info : moismulti.org