Les cheveux très ras, le visage complètement impassible, Samuel Simard n'a aucunement réagi durant sa brève comparution. Comme tous les accusés de meurtre, il demeurera détenu durant les procédures.

14 ans de pénitencier pour homicide involontaire

Un jeune homme de 22 ans, Samuel Simard, a été condamné jeudi à 14 ans de pénitencier aujourd'hui pour avoir poignardé un autre jeune de Québec, en février 2014.
Assis dans le fond du box des accusés, bien à l'abri des regards, Simard a plaidé coupable à l'accusation d'homicide involontaire de Ianick Saindon, 25 ans. Samuel Simard avait été accusé au départ de meurtre sans préméditation.
Au petit matin le 2 février 2014, Saindon cogne à la porte de l'appartement d'une copine, rue du Patelin dans Neufchâtel.
Samuel Simard, en liberté illégale après avoir purgé une peine de quatre ans pour vol qualifié, est en train d'y dormir. Un autre jeune homme est aussi présent en plus de deux jeunes femmes.
Les deux hommes refusent que Saindon entre et lui ordonnent de partir.
Selon le récit fait par le procureur de la Couronne Me François Godin, Ianick Saindon décide alors d'enfoncer la porte pour entrer.
Samuel Simard l'assaille et lui donne un coup au thorax avec une lame de 12 cm.
Ianick Saindon repart en titubant et réussit à se rendre jusqu'à un immeuble à logements de la rue des Passereaux, où il s'effondre dans le portique. Son décès a été constaté peu de temps après à l'hôpital.
Pendant ce temps, Samuel Simard lave le couteau, le met dans une boîte de carton et dans un sac et jette le tout dans un conteneur à déchets.
Il tente de partir en taxi, mais les policiers, appelés sur les lieux, l'interceptent.
Après sept heures d'interrogatoire musclé, le jeune homme avoue que c'est lui qui a donné le coup de couteau fatal.
Après de nombreuses discussions avec la Couronne, l'avocat de Samuel Simard, Me Vincent Montminy, a accepté de suggérer au tribunal une peine de 14 ans de prison.
L'avocat a souligné que plusieurs concepts, comme la légitime défense et l'intrusion de domicile, auraient été mis de l'avant dans un éventuel procès et ont été analysés pour la suggestion de peine.
La peine maximale pour l'homicide involontaire est l'emprisonnement à perpétuité.
Il n'y a pas de peine minimale, sauf si une arme à feu est utilisée, la peine étant alors d'au moins quatre ans.
Les peines pour un homicide involontaire sont très variées, se situant dans une fourchette de 5 à 15 ans.
L'amie de la victime, Sarina Plante, a souligné au juge Christian Boulet que la famille retirait un mince soulagement de voir la justice rendue. «Nous espérons que Samuel réalisera l'ampleur de ses gestes et qu'il témoignera un jour de vrai remords», a dit la jeune femme, avant de lancer un regard noir à l'accusé.