Alex Beaulieu-Marchand aurait bien aimé montrer aux juges tous les nouveaux trucs qu'il avait développés. Mais la manoeuvre a coûté plus cher qu'elle n'a payé.

12e en slopstyle, Alex Beaulieu-Marchand a pensé à ses proches

Sa famille ne l'ayant pas accompagné à Sotchi, Alex Beaulieu-Marchand avait une pensée pour ses proches après avoir pris la 12e et dernière place de la finale de ski slopestyle,jeudi, au parc extrême... ment chaud de Rosa Khutor. «Ils se sont levés tôt pour me voir, ils peuvent aller se recoucher parce qu'ils travaillent tantôt», disait-il, casque sur la tête et lunettes au visage sous un soleil de plomb.
L'artiste du ski venait de rater ses deux descentes dans la phase finale après avoir atteint la ronde ultime en sixième position des qualifications. Il s'en promettait.
«J'ai des petits secrets que je voudrais montrer au monde entier», nous disait-il après la première ronde. Mais voilà, il n'a pas eu le temps d'épater la galerie.
Dans sa descente initiale, il est tombé sur le premier rail, fin de l'évaluation. Il n'avait plus qu'une chance de se reprendre, puisqu'on jugeait la meilleure des deux. Encore là, un atterrissage raté sur le second saut a tout foutu en l'air. Fin de l'aventure, pas de podium. À l'écouter, ce n'est que partie remise.
«Je suis allé trop loin sur le deuxième saut. Je suis un peu déçu parce que j'avais réussi ma descente à l'entraînement. J'aurais aimé montrer à tout le monde ce que je pouvais faire. Si j'avais atterri, j'aurais pu être dans le top 3. Mais je suis allé au maximum, j'ai tout essayé, je n'ai aucun regret.»
Le sportif de 19 ans de Saint-Augustin-de-Desmaures savait bien que la nouveauté était un couteau à double tranchant. Autant les manoeuvres auraient pu être payantes, autant le risque de chuter était augmenté.
«Quand tu essaies de nouveaux trucs, c'est difficile de ne pas tomber du tout. Dans une descente de slopestyle, ce n'est pas facile de réussir sept trucs de suite, et lorsque tu n'as que deux chances, ça arrive parfois.»
Il aura au moins eu le mérite d'effectuer un saut unique, jamais fait en compétition de slopestyle, selon lui. On vous épargnera le nom, qui est aussi difficile à comprendre qu'à écrire. Par contre, à l'oeil, ça peut soulever la foule et impressionner les juges.
«Si j'avais réussi à l'atterrir, j'en aurais montré un autre, ce sera pour une prochaine fois», indiquait celui qui n'est pas sur le point de délaisser ses skis à double spatule. «Le ski est ma passion, je n'arrêterai pas d'en faire. Aujourd'hui [jeudi], presque tout le monde aurait pu gagner. Des fois, c'est ta journée; d'autres fois, ça ne l'est pas. Je suis super content de m'être rendu en finale.»
Alex a eu la frousse, la veille, en se blessant à l'épaule. Il s'est étiré des muscles et un tendon lorsque son coude s'est accroché sur la neige. Les traitements de l'équipe médicale lui ont permis de prendre le départ, sa condition n'étant pas une raison de son résultat.
«Pendant un instant, j'ai eu peur de ne pas pouvoir faire la compétition parce que j'ai déjà eu ce genre de problème. Hier [mercredi], j'avais mal et j'ai eu de la misère à dormir, mais avec les traitements, j'étais assez confiant», avouait celui qui n'a pas été affecté, l'adrénaline l'aidant à oublier la douleur.