Affaires

Le prince héritier saoudien «MBS» en quête d'alliés et de contrats en Asie

ISLAMABAD — Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane entame dimanche au Pakistan une tournée asiatique dont il espère de juteux contrats et la démonstration qu'il demeure un acteur-clé sur la scène diplomatique, cinq mois après l'affaire Kashoggi.

Le prince, surnommé «MBS», est attendu en fin d'après-midi dans la capitale pakistanaise, où il doit rester jusqu'à lundi.

Affaires

Ottawa retardera sans doute une décision sur l'expansion de Trans Mountain

OTTAWA — L'organisme canadien de réglementation de l'énergie dira vendredi au gouvernement fédéral s'il estime toujours qu'il devrait y avoir expansion de l'oléoduc Trans Mountain, mais le dernier mot du cabinet sur l'avenir du projet ne devrait pas intervenir avant l'été.

L'Office national de l'énergie (ONÉ) réévalue l'impact du projet sur la vie marine, y compris les épaulards résidents du Sud qui sont très menacés, après que la Cour d'appel fédérale eut statué l'année dernière que l'approbation de l'ONÉ en 2016 n'avait pas pris en compte de manière appropriée les impacts sur les épaulards de pétroliers additionnels dans les eaux.

Affaires

Un chocolatier syrien souhaite embaucher et aider des réfugiés

ANTIGONISH, N.-É. — Un réfugié syrien qui a fondé une chocolaterie prospère en Nouvelle-Écosse a annoncé son intention d’embaucher et de conseiller d’autres réfugiés.

Peace by Chocolate (La Paix par le chocolat), une entreprise d’Antigonish, en Nouvelle-Écosse, dit être prête à engager 50 réfugiés d’ici 2022. Elle veut aussi encadrer 10 nouvelles entreprises fondées par des réfugiés au cours des prochaines années.

L’entreprise désormais célèbre a été fondée par la famille Hadhad qui avait fui sa maison de Damas, une ville déchirée par la guerre civile, en 2012. Elle s’est installée en Nouvelle-Écosse en 2016, ayant très peu de choses en sa possession.

Le pdg Tareq Hadhad a dit vouloir contribuer à l’essor du pays qui a accueilli sa famille alors que nombreuses nations fermaient leurs frontières aux réfugiés syriens.

Il souhaite à son tour donner une chance à d’autres réfugiés qui voudraient amorcer une nouvelle vie, comme l’ont fait des Canadiens pour lui et sa famille.

«Ils (les réfugiés) viennent ici pour contribuer, ils viennent ici pour donner à la collectivité. Comme une famille qui a déjà tout perdu dans ce monde, nous savons ce qu’ils ressentent, a souligné M. Hadhad. Être réfugié n’est pas un choix, ce n’est pas une décision, ce n’est pas un objectif de vie. Ces personnes fuient leur maison à cause de la guerre, à cause de la persécution. C’est important et c’est à chacun qu’il incombe de jouer son rôle de soutien aux nouveaux arrivants au Canada.»

Il a expliqué que les postes proposés incluraient des postes dans les secteurs de la production, des ventes et de la haute direction, renforçant ainsi les compétences et l’expérience des réfugiés.

Assam, le père de Hadhad, a dirigé une chocolaterie à Damas pendant des décennies, mais celle-ci avait été détruite lors d’un bombardement de 2012.

Une grande partie des emplois seront localisés dans de nouvelles installations prévues dans différentes régions du pays au fur et à mesure que Peace By Chocolate s’agrandira. Les travaux sont en voie d’être complétés à certains endroits.

M. Hadhad a dit espérer que d’autres entreprises canadiennes suivront son exemple et soutiendront les nouveaux arrivants.

Le chocolatier a rappelé que si les premiers Européens ont pu s’installer au Canada, ils peuvent en remercier les peuples autochtones et leur générosité.

«Quand ils sont venus ici, ils ont reçu un coup de main. Aujourd’hui, c’est au tour de tous ces Canadiens d’aider. Nous voulons soutenir d’autres réfugiés comme notre collectivité nous a aidés.»

Affaires

Amazon paie-t-il des impôts fédéraux aux États-Unis ?

WASHINGTON — La jeune élue à la Chambre des représentants et star montante du parti démocrate Alexandria Ocasio-Cortez a mis en lumière cette semaine un rapport selon lequel le géant américain de la distribution en ligne Amazon n’a payé aucun impôt fédéral sur le revenu depuis deux ans.

Le groupe de Jeff Bezos a fait les gros titres jeudi en renonçant subitement à son projet d’expansion à New York, qui avait généré une controverse liée aux incitations fiscales locales promises qui, selon les critiques, auraient vidé les caisses publiques.

«Pourquoi les entreprises qui ne contribuent en rien au pot commun devraient-elles être en mesure de prendre des milliards de dollars à la population?», a tweeté Mme Ocasio-Cortez, qui représente une circonscription adjacente au site d’implantation envisagé.

Que vérifions-nous ?

Mme Ocasio-Cortez a évoqué sur Twitter (1) le rapport de l’Institute on Taxation and Economic Policy (ITEP), un centre d’études basé à Washington, selon lequel Amazon n’a pas payé d’impôt fédéral sur le revenu en 2017 ni en 2018. Sur cette période, ses bénéfices nets aux États-Unis ont pourtant doublé pour atteindre plus de 11 milliards de dollars.

L’élue a relevé que cela signifiait «0 dollar» pour les écoles, les pompiers, les infrastructures, la recherche et la santé.

Que savons-nous ?

Amazon a signalé en janvier que pour 2017 et 2018 il ne devait pas payer d’impôt fédéral sur son revenu américain et, qu’en réalité, il allait bénéficier de dégrèvements fiscaux pour ces années, selon des documents règlementaires.

Le groupe a aussi indiqué que le bénéfice avant impôts de son activité aux États-Unis avait grimpé de 100% pour atteindre 11,2 milliards de dollars (2).

Selon lui, son fardeau fiscal a été allégé en raison de déductions pour la rémunération à base d’actions et pour des dépréciations d’actifs.

Mais cela ne veut pas dire que le groupe n’a payé aucun impôt.

Pour 2018, Amazon a affirmé devoir 322 millions de dollars d’impôts aux gouvernements locaux des États américains et 563 millions de dollars dans le reste du monde.

La réforme fiscale républicaine de 2017, qui a abaissé le taux d’imposition des sociétés de 35% à 21%, a profité à Amazon à hauteur de 789 millions de dollars.

Dans une catégorie comptable distincte, Amazon a déclaré des «impôts payables en espèces» de 1,2 milliard de dollars en 2018 et de 957 millions de dollars l’année précédente. Mais ces chiffres n’étant pas ventilés géographiquement, il est impossible de savoir où ces sommes ont été payées.

Que peut-on conclure ?

Les conclusions du rapport de l’ITEP (3) semblent corroborées par les propres déclarations règlementaires d’Amazon. Mais cela nécessite une interprétation.

La société paie des impôts, mais elle a suscité la controverse aux États-Unis et de l’autre côté de l’Atlantique pour avoir su trouver des moyens de réduire son ardoise fiscale.

Selon Matt Gardner, un responsable de l’ITEP, la facture fiscale du géant d’internet à l’égard des États américains est d’environs de 2,9 %. «C’est certainement supérieur à zéro», a-t-il relevé.

Sabuhi Sardarli, professeur de finances à l’université du Kansas qui a effectué des recherches sur l’évasion fiscale des entreprises, a déclaré à l’AFP qu’Amazon faisait des provisions en prévision de taxes supérieures à l’avenir.

«En d’autres termes, se concentrer sur la récente facture fiscale d’Amazon pourrait ne pas donner une image complète», a-t-il indiqué.

Amazon a relevé vendredi auprès de l’AFP avoir investi plus de 160 milliards de dollars aux États-Unis depuis 2011, pour créer un réseau de distribution complexe et une infrastructure informatique dans le «cloud».

«Amazon paie tous les impôts que nous sommes tenus de payer aux États-Unis et dans tous les pays où nous exerçons nos activités, y compris le versement de 2,6 milliards de dollars de taxes sur les sociétés et une déclaration de 3,4 milliards de dollars au cours des trois dernières années», a déclaré un porte-parole.

«L’impôt sur les sociétés est basé sur les bénéfices, non sur les revenus, et nos bénéfices restent modestes, le commerce de détail étant une activité hautement compétitive et à faible marge bénéficiaire, tandis que nos investissements sont toujours importants».

(1) https://twitter.com/AOC/status/1096194174301495296
(2) https://ir.aboutamazon.com/sec-filings
(3) https://itep.org/amazon-in-its-prime-doubles-profits-pays-0-in-federal-income-taxes/