La porte-parole de la CPTAQ, Agnès Jarnuszkiewicz, affirme «qu'il y a eu une demande de vérification pour voir si les travaux qui ont été faits sur les terres des Soeurs de la Charité sont conformes à la loi».

Zonage agricole: un chemin sur les terres des Soeurs de la Charité sous la loupe

La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) enquêtera sur l'apparition d'un chemin sur les terres des Soeurs de la Charité où Groupe Dallaire prévoit un important développement ces prochaines années.
Le tronçon en question relie l'immeuble des Soeurs de la Charité à l'avenue Saint-Samuel par la rue Aubert dans le secteur Beauport.
Or, le terrain est toujours zoné agricole et cet aménagement récent a fait bondir l'Union des producteurs agricoles (UPA) après la publication de photos sur le site Québec urbain, lundi.
Le syndicat d'agriculteurs a d'ailleurs partagé mardi les photos sur sa page Facebook Sauvegardons les terres patrimoniales des Soeurs de la Charité.
«Il y a eu une demande de vérification pour voir si les travaux qui ont été faits sont conformes à loi», a commenté le porte-parole de la CPTAQ, Agnès Jarnuszkiewicz.
Ces terres ont été achetées par Groupe Dallaire qui a annoncé en décembre son intention de développer d'ici une quinzaine d'années ces quelque 22 millions de pieds carrés pour y construire 6500 unités d'habitation et des commerces.
Groupe Dallaire, qui a l'appui de la Ville de Québec dans ce projet de développement, versera les bénéfices de la vente des unités à la Fondation Famille Jules-Dallaire qui poursuit les oeuvres des Soeurs de la Charité de Québec. Mais aucune demande de changement au zonage n'a encore été formulée pour ce projet à long terme actuellement dans les mains de la Ville de Québec.
Quant à l'aménagement du chemin, il n'a fait l'objet d'aucune demande d'autorisation à la CPTAQ, a indiqué Mme Jarnuszkiewicz.
Aussi joint par Le Soleil, le président et chef de la direction de Groupe Dallaire, Michel Dallaire, avait assuré que les travaux étaient conformes. Le chemin, a-t-il dit, a été aménagé afin de permettre un deuxième passage, notamment à des véhicules d'urgence.
«On a connecté le bâtiment à la rue Saint-Samuel pour une question de sécurité», a-t-il expliqué. Dalcon Construction, filiale de Groupe Dallaire, s'est chargé des travaux, a confirmé M. Dallaire. Il a toutefois formulé ces commentaires avant que Le Soleil apprenne le dépôt d'une plainte. Il n'a pas été possible de le joindre par la suite.
L'UPA inquiète
Du côté de l'UPA, la construction du tronçon sème l'étonnement et l'inquiétude. Sur le site de Québec urbain, le conseiller en développement régional à l'UPA, Pierre Bouffard, a commenté en affirmant que «pour aménager un chemin à des fins autres qu'agricoles en zone agricole, il faut obtenir au préalable une autorisation de la CPTAQ. Il cite aussi un récent exemple où la CPTAQ a, dit-il, «émis une orientation défavorable à une municipalité de la MRC de Portneuf qui souhaitait aménager un second chemin pour des fins d'urgence et de sécurité».
Appelé à commenter, le président de l'UPA de Québec, Alain Juneau, a pour sa part qualifié de «rassurant» le fait que la Commission mènera des vérifications. «On va laisser la CPTAQ faire son travail», a-t-il affirmé.
Cet épisode montre combien le sort de ces terres agricoles fait l'objet de surveillance et que ce dossier est sensible. Depuis la présentation du projet, l'UPA a toujours maintenu qu'avant de retirer l'étiquette de zone agricole de ces terrains, la Ville devra démontrer qu'une expansion est inévitable. «La Ville aura à faire la démonstration qu'il n'y a plus de place ailleurs dans la ville de Québec», a réitéré M. Juneau. Or, dit-il, en «zone blanche» (non agricole), il y a «de la construction pour plusieurs années dans la ville de Québec».