Les fondateurs d’XpertSea, de gauche à droite, Sylvie Lavigne, François Robitaille, Cody Andrews et Valérie Robitalle

XpertSea: des larves calculées à la crevette près

La pêche aux investisseurs a été bonne pour XpertSea, une jeune entreprise de Québec qui a mis au point un système de contrôle de qualité des organismes marins pour l’industrie de l’aquaculture en ayant recours à l’intelligence artificielle et à la vision numérique, notamment pour compter les larves de crevettes et autres petits organismes marins.

L’entreprise a annoncé, mardi, l’obtention d’un financement de 10 millions $. Des billets verts qui lui permettra d’élargir son offre technologique et de recruter de nouveaux talents à Québec et à Montréal. XpertSea fait actuellement travailler 35 personnes.

Trois sociétés de financement, Aqua Spark (Pays-Bas), Obvious Ventures (États-Unis) et Real Ventures (Canada) s’unissent pour apporter de l’eau au moulin d’XpertSea qui compte actuellement des clients dans près d’une cinquantaine de pays.

«Cet investissement permettra à XpertSea d’éliminer tout doute quant à la gestion des stocks aquacoles, ce qui entraînera des profits pour les aquaculteurs et des retombées environnementales positives pour notre planète», a indiqué la cofondatrice et directrice générale de l’entreprise, Valérie Robitaille. «La technologie de précision pour l’aquaculture est la clé pour assurer des transactions transparentes et pour normaliser les pratiques dans toute l’industrie, ce qui profite à tous, d’un bout à l’autre de la chaîne alimentaire aquacole.»

La plateforme technologique d’XpertSea permet de caractériser différents types de ressources marines que l’on peut difficilement quantifier à partir d’une microbalance électronique. C’est le cas, par exemple, des larves de crevettes.

La trouvaille d'XpertSea, l'XperCount, permet de compter les larves de crevettes.

Puisque les crevettes ne se reproduisent pas dans les étangs d’aquaculture, les éleveurs de crevettes doivent acheter des larves auprès de producteurs spécialisés pour ensuite les ensemencer. Or, la seule façon de compter le nombre de larves transigées, c’est la bonne vieille estimation visuelle.

«L’utilisation de technologies obsolètes, comme le comptage manuel d’organismes aquatiques, entraîne du gaspillage et des pertes financières majeures. Par exemple, les aquaculteurs peuvent dépenser jusqu’à 20 % trop d’aliments pour nourrir leurs organismes et malgré tout, perdre jusqu’à 50 % de leur production», fait valoir Valérie Robitaille qui a fondé XpertSea en 2009 en compagnie de sa mère, Sylvie Lavigne, et de son frère François.

«XpertSea réduit l’écart technologique en permettant aux fermes et aux écloseries d’organismes aquatiques de suivre et de gérer leurs populations avec plus de rapidité, de précision et de perspicacité que jamais. La solution XpertSea combine intelligence artificielle et vision numérique pour compter et mesurer de minuscules organismes aquatiques», poursuit-elle.


« L’utilisation de technologies obsolètes entraîne du gaspillage et des pertes financières majeures »
Valérie Robitaille, fondatrice de XpertSea

À partir de l’XperCount, les clients de l’entreprise de Québec ont compté en 2017 plus de 17 milliards d’organismes et téléchargé plus de 100 000 séances de comptage et de mesure au portail.

«La meilleure façon d’obtenir une aquaculture de qualité et des poissons sains est de disposer de données fiables. À ce jour, ça fait cruellement défaut dans l’industrie », expliquent Mike Velings et Amy Novogratz, cofondateurs d’Aqua-Spark. «Les aquaculteurs ne peuvent porter de jugement précis, en particulier sur la quantité d’aliments à donner, s’ils ne connaissent pas le nombre d’organismes dans l’eau ou leur taille. XpertSea est la première entreprise à avoir réussi à se concentrer sur des organismes plus petits adaptés aux écloseries, ce qui constitue le point de départ du processus d’élevage.»