Papiers White Birch

White Birch teste de nouveaux marchés

Vingt mois après l'annonce de sa réouverture, l'usine Papiers White Birch de Québec est «toujours sur la corde raide». Malgré tout, certains dirigeants ont bon espoir de voir un jour la papetière du boulevard des Capucins fonctionner à plein régime.
Pour l'heure, l'entreprise teste de nouveaux marchés, notamment celui du papier à haute brillance, un papier à blancheur améliorée. L'arrivée d'un tel produit pourrait offrir un second souffle à la compagnie, qui mise de moins en moins sur le marché du papier journal. 
Joint par Le Soleil mardi, le directeur des ressources humaines de la papetière de Québec, Yvon Lesage, confirme que les résultats des études sont jusqu'à présent bel et bien positifs. 
«Il fallait chercher d'autres créneaux et ils ne sont pas faciles dans l'industrie des pâtes et papiers», soutient-il, ajoutant que l'usine est cependant toujours dans une démarche de réduction de coûts. «Rien n'est fait, mais en ce moment on regarde les marchés avec du papier à haute brillance. On commence à avoir de possibles clients. Des essais ont été réalisés et les résultats sont bons. On se dirige vers ça!»
Pas d'ajout d'équipement ou de main-d'oeuvre est prévu pour le moment. «On va s'ajuster en fonction du carnet de commandes», indique le directeur. 
L'usine de Québec, qui a fermé pendant près de huit mois entre 2011 et 2012, ne fonctionne toujours qu'à demi-régime. Seules deux machines à papier sur quatre sont relancées. La machine à carton, qui donne du boulot à une soixantaine de travailleurs, est elle aussi en fonction.
«Au niveau de la machine à carton, il y a eu certaines fermetures depuis 2012 en raison du marché. Pour l'instant, le carnet de commandes est là et nous avons une production... mais le marché est toujours sensible.»
Liste d'appel 
La liste d'appel des employés s'étant retrouvés sur le chômage lors de la fermeture est encore bien longue, confie M. Lesage. 
Ce n'est pas tout le monde qui est entré au bureau. «Des postes [spécialisés] n'ont pas encore été comblés, on a perdu beaucoup de gens», ajoute-t-il pour expliquer le fait que des offres d'emplois sont affichées sur certains sites de recrutement en ligne, notamment Jobillico. Un peu plus des 300 travailleurs sur les 550 mis à pied ont retrouvé leur emploi. 
Prêt de 35 millions $
En 2012, lors de la conférence de presse annonçant la réouverture de la papetière, Papiers White Birch s'était engagée à investir 46 millions $ dans ses installations du boulevard des Capucins, dont
35 millions $ provenaient d'un prêt remboursable sur 15 ans de la part d'Investissement Québec. 
La proposition serait toujours valide affirme Renaud Gagné, directeur adjoint d'Unifor, à condition que l'entreprise réponde à ses obligations envers les retraités. Bref, en haussant le niveau de prestations, la compagnie pourrait accéder à 35 millions $ en prêts pour rénover ses installations...
«Le Parti québécois m'avait confirmé de façon très claire qu'il n'y aurait pas un sou qui allait sortir tant et aussi longtemps que le cas des retraités ne serait pas réglé», indique le syndicaliste, ajoutant souhaiter rencontrer Sam Hamad [ministre du Travail] sous peu. 
Les difficultés financières de Papiers White Birch se sont traduites par des coupes dans le chèque de pension des ex-travailleurs. Ceux des usines de Masson, en Outaouais, et de Rivière-du-Loup ont été réduits de 50 %; ceux de Québec, de 60 %. Une entente ferait remonter le niveau de prestations à plus de 90 % pour les deux premiers groupes, et à 70 % à Québec.