Washington continue son étude de Keystone XL

Les États-Unis ont réaffirmé mercredi qu'ils poursuivront leur étude du projet controversé d'oléoduc transfrontalier avec le Canada, Keystone XL, rejetant ainsi la requête lundi de la société TransCanada de suspendre le dossier qui traîne depuis des années.
Le porte-parole du département d'État a indiqué que son administration avait répondu ce mercredi au courrier adressé en début de semaine à son ministre John Kerry par l'opérateur d'oléoducs TransCanada.
«Nous avons communiqué notre décision de continuer notre étude (du projet) et nous l'avons communiqué par écrit à TransCanada», a déclaré John Kirby lors de son point de presse, confirmant ce que le département d'État avait déjà dit mardi.
«Nous ne sommes pas tenus de faire une pause, fondée sur la requête du demandeur. Il n'y a pas de fondement juridique à cela», a expliqué le porte-parole. «Il n'y a pas d'obligation de marquer une pause. [...] Beaucoup de travail a été fait jusqu'ici et le secrétaire d'État veut que ce travail continue», a-t-il insisté.
TransCanada avait écrit lundi à John Kerry pour lui demander «d'interrompre l'étude de la demande de permis présidentiel» déposée par la société canadienne en 2008. TransCanada justifiait cette suspension par le dépôt, le 5 octobre, d'un dossier auprès des autorités du Nebraska requérant l'approbation du tracé de l'oléoduc dans cet État.
Cette requête a été faite la semaine de l'entrée en fonctions du nouveau premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui, sans être opposé à Keystone XL, s'est déclaré plus soucieux des enjeux environnementaux et climatiques que son prédécesseur Stephen Harper, ardent défenseur de l'oléoduc.
TransCanda a dit mercredi «respecter la décision» américaine. «Nos efforts vont se poursuivre pour démontrer que Keystone XL est (un projet) dans l'intérêt national des États-Unis - tout comme cinq rapports et 17 000 pages d'examen du département d'État l'ont démontré depuis plus de sept ans», a expliqué Mark Cooper, porte-parole du groupe.
«Nous allons nous concentrer sur le fait de construire des oléoducs qui vont donner du travail à plus de 2200 Canadiens et 9000 Américains», a-t-il ajouté.
Fin octobre, John Kerry avait souligné que la victoire du Parti libéral de Justin Trudeau n'influencerait pas la décision à venir de Washington.
Le projet Keystone XL, long de 1900 km, dont 1400 aux Etats-Unis, vise à transporter le pétrole canadien des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'au centre des Etats-Unis, dans le Nebraska, d'où il pourra rejoindre les raffineries américaines du golfe du Mexique.
Fossé idéologique
Aucun dossier environnemental n'est plus emblématique du fossé idéologique qui existe aux États-Unis sur l'énergie et l'environnement.
Pour les conservateurs, et quelques démocrates des régions concernées, le chantier est synonyme d'emplois et d'indépendance énergétique. Les démocrates, à l'inverse, appellent le président américain Barack Obama à refuser le permis de construire au nom de la lutte contre le changement climatique et de la protection de l'environnement.