Des membres de l’équipe de direction de Vooban dans les locaux rénovés et agrandis de l’entreprise de Québec spécialisée en innovation et en intelligence articifielle. Dans l’ordre, de gauche à droite, Martin Langlais, Kevin Moore et Alex Veilleux.

Vooban grandit à vitesse grand V

Ça va tellement vite chez Vooban que l’entreprise de développement de logiciels de Québec n’a jamais pris le temps de pendre la crémaillère lors de son arrivée dans ses locaux en janvier 2017.

Il était toutefois hors de question de passer sous silence l’agrandissement des espaces de travail. Et l’événement a été souligné, plus tôt cette semaine, en présence du maire de Québec, Régis Labeaume.

«Depuis que nous sommes installés ici, nous occupons deux fois plus d’espace», souligne le chef de la direction, Kevin Moore. Avec Martin Langlais, ce dernier a mis au monde Vooban en 2011.

Kevin Moore l’avoue, la croissance de l’entreprise s’est faite sur les chapeaux de roue particulièrement au cours des derniers mois.

En janvier 2018, Vooban comptait 30 employés. L’effectif est passé à 50 moins d’un an plus tard.

Une dizaine de postes sont encore à pourvoir. Des postes de développeurs, d’architectes de solution et d’experts en marketing.

Même si la jeune pousse technologique continue d’embaucher deux ou trois nouveaux employés par mois, Kevin Moore signale que Vooban a choisi d’appuyer un peu sur les freins.

«Nous jugeons qu’il faut prendre le temps de bien intégrer nos nouvelles ressources et surtout d’accorder toute l’attention nécessaire à nos clients», précise M. Moore en soulignant que Vooban réussissait à trouver le personnel dont elle a besoin malgré le contexte de rareté de main-d’œuvre.

Chasse exigeante

«Ce n’est pas une chose facile, car nous sommes exigeants. Nous n’embauchons pas le premier venu. Nous recherchons constamment la crème de la crème. Pour travailler ici, il faut passer au travers d’un processus comptant quatre entrevues différentes. Mon collègue Martin Langlais joue les chasseurs de têtes pour nous permettre de recruter les personnes possédant les compétences que nous recherchons.»

Être Amazon ou Sears?

Vooban recrute ses clients principalement dans les secteurs de la fabrication, de la logistique et des transports.

Des PME et des grandes sociétés qui sont aux prises, elles aussi, avec la rareté de bras et de cerveaux.

«Devant ce défi, les entreprises qui veulent demeurer compétitives ont deux choix : recourir à un plus grand nombre de travailleurs étrangers ou s’inscrire dans le virage numérique, celui de l’industrie 4.0», fait valoir Kevin Moore. «Nous évoluons dans un domaine fort complexe. Nous, on aime ça quand un projet apparaît, au premier abord, irréalisable.»

La mission de Vooban est d’accompagner les compagnies dans cette transformation. Et les moyens pour y arriver reposent sur les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, l’Internet des objets et la télématique. «Nous demandons à nos clients s’ils préfèrent être Amazon ou Sears? Ou encore Netflix ou Blockbuster?»

Kevin Moore cite le cas de l’un de ses clients dans la région de Montréal qui, en utilisant des capteurs connectés à des logiciels alimentés par de l’intelligence artificielle, a réussi à accroître sa productivité. Le recours à la technologie pour détecter les problèmes sur la ligne de production lui a permis de réduire la présence humaine pour veiller à la supervision des machines. «D’un surveillant pour chacune de ses 14 machines, le ratio est passé d’un surveillant pour cinq machines. Des travailleurs ont pu ainsi être déplacés vers d’autres postes plus valorisants pour eux et pour l’entreprise», explique Kevin Moore.

Depuis sa fondation, Vooban a fait sa place dans le marché de Québec. Elle commence à étendre ses tentacules à Montréal avec l’ouverture récente d’un bureau d’affaires. Elle compte aussi des clients en Europe et aux États-Unis.

«Nous visons ensuite le marché de Toronto puis, graduellement, celui des États-Unis où nous voulons accroître notre présence», informe Kevin Moore.