Le fondateur de 7 jours sur Terre Benjamin Tremblay entend créer une plateforme médiatique 100 % indépendante dont les revenus proviendraient d’abonnements payants mensuels.

Voir l’information autrement, la mission de Benjamin Tremblay

Connaissez-vous 7 jours sur Terre? Le projet de Benjamin Tremblay, fraîchement diplômé en communications de l’Université Laval, fait de plus en plus jaser sur les réseaux sociaux. Son concept multiplateforme — entre capsules vidéo, blogue écrit et podcasts radio — propose un modèle d’abonnement payant à un média qui se veut totalement «indépendant».

L’idée a émergé il y a plusieurs mois, alors que Benjamin était encore sur les bancs d’école, sous une forme d’abord et avant tout universitaire, à la radio étudiante. Mais rapidement, sa petite équipe a fait un constant important : «le format radio ne plaisait pas énormément à notre public cible, celui des milléniaux d’abord», explique le jeune homme d’affaires.

Progressivement, le projet s’est donc transformé en une émission de radio filmée. «On s’est mis à rentrer des caméras dans le studio, et c’est ce qui fonctionnait le plus, comme partout ailleurs. C’est là que j’ai commencé à voir quelque chose de très polyvalent et global comme projet», poursuit le fondateur.

Dès lors, Benjamin s’est tranquillement attaqué à la production de capsules vidéo d’une dizaine de minutes, traitant d’enjeux oubliés ou négligés par les médias et notre histoire. Certaines des capsules, comme l’opération Neat Pitch, ont depuis obtenu un succès monstre sur la toile, récoltant des dizaines de milliers de partages et autant de vues, sinon plus.

«C’est là que j’ai réalisé que j’avais un projet, que je tenais mon filon. J’avais ma direction et j’entendais l’utiliser à fond, je savais que je devais me diriger vers quelque chose de très visuel, de très interactif avec le public. Il ne me manquait à l’époque que la forme que ça allait prendre.»

Migrer vers le payant?

Au-delà de la politique québécoise ou canadienne, de l’actualité internationale ou de littérature, le diplômé cherche aussi, sur sa plateforme, à parler des faits saillants de notre histoire qui sont ignorés du grand public. «Des sujets comme Léo Major, comme les patriotes, sur notre passé, ça marche et les gens en redemandent», plaide-t-il.

Le principe de 7 jours sur Terre est somme toute assez simple: certains contenus demeurent disponibles au public, mais la majorité d’entre eux sont privés et restreints à une communauté exclusive d’abonnés, qui paient un minimum de 3$/mois (ou plus, sur une base volontaire) pour y accéder.

Chaque mois, les membres payants du média indépendant votent pour la meilleure capsule du mois, qu’ils aimeraient rendre publique pour leurs amis et leurs proches. «On a énormément de contenus accessibles à tous, mais de plus en plus, on mise sur la capsule privée pour le membre, qui constitue notre avenir viable à long terme», admet Benjamin, qui se consacre à temps plein à son projet depuis la fin de ses études au baccalauréat. 

«Le but, c’est vraiment de migrer vers ce modèle-là autant que possible, donc de créer un média 100 % indépendant qui fonctionne sur une base d’abonnements mensuels, et qui est autant multiplateforme que possible. On veut amener le plus de genres en un, et rester diversifiés dans nos sujets au maximum.»

Aucune publicité n’est d’ailleurs visible sur le site ou dans les capsules du projet, par souci de respect de sa mission. «On ne veut subir aucune influence de l’externe et garantir au public une honnêteté intellectuelle complète», lance le jeune homme.

Ce dernier souhaite pouvoir éventuellement créer une nouvelle offre dans l’univers des médias, qui serait large et conçue dans une optique bien précise: celle de créer une communauté «allumée, intéressée et intéressante». «Des gens qui réfléchissent vraiment, qui ne commentent pas de niaiseries, bref des vrais passionnés d’information. Un genre de club sélect», ajoute-t-il. 

En vidéo

Sur les ambitions

Trop ambitieux, diront certains? «Pas dans ce que je propose», répond Benjamin d’un trait. Son équipe est jusqu’ici composée d’une trentaine de collaborateurs récurrents à l’écrit et au podcast. Il gère de son côté les capsules vidéo à lui seul, à raison d’une production par semaine, minimalement.

Lancé il y a un peu plus d’un mois, le concept d’abonnement payant semble d'ailleurs porter ses fruits, aux dires de l’entrepreneur. «Ça fait à peine quelques semaines que c'est en opération et on a déjà 150 membres qui paient pour voir nos contenus exclusifs. C’est très bien, et si on peut atteindre une base de 400 personnes d’ici les trois prochains mois, on tient un concept très viable pour les prochaines années», dit-il.

Étant une organisation encore très jeune, 7 jours sur Terre affirme d’ailleurs ne fermer aucune porte à l’implication. «On cherche toujours des gens crinqués à parler d’actualité autrement pour se joindre à l’équipe», poursuit Benjamin. On veut toucher un certain type de clientèle, et il faut en être conscients, c’est tout.»

Tous en route vers une transition numérique qui révolutionnera le monde de l’information, les médias traditionnels subissent actuellement une crise qui peut profiter à de plus petits joueurs comme son organisation, croit le jeune diplômé de l’Université Laval. 

«La première personne qui va exploiter ce créneau de front, celui de faire des contenus diversifiés et multiplateformes sur le web, elle va avoir les pieds dans cet espace, et elle sera bien placée. C’est ce qu’on vise», conclut-il.