Voilà! permet aux employés de gérer leur horaire du bout des doigts, notamment en choissant leurs quarts de travail sur une application intégrée.

Voilà! : 3M $ de financement pour la plateforme de gestion des horaires

Pour Martin Ouellet, la prochaine bonne idée n’est jamais bien loin. Après avoir fondé puis vendu Taleo, il a embarqué dans l’aventure Yoga Fitness avec sa conjointe. Et c’est à travers cette expérience qu’il a eu l’idée de Voilà!, une plateforme qui permet aux employés de choisir leurs quarts de travail. Moins d’un an après le lancement, l’entreprise vient de faire le plein avec une ronde de financement qui lui a rapporté 3 M$ en investissements.

«Aujourd’hui, avec la nouvelle réalité du marché du travail, le pouvoir n’est plus entre les mains de l’employeur», constate Martin Ouellet. «C’est vraiment les employés qui ont le contrôle sur leurs horaires, sur leur vie. Ils veulent une belle qualité de vie plus qu’un chèque de paye. On a développé l’application pour mettre l’employé au cœur de la gestion des horaires, et faciliter la vie des gestionnaires.»

L’idée est venue à Martin Ouellet quand il a pris en charge la gestion des horaires des employés de Yoga Fitness. Au début, quand il n’y avait qu’une quinzaine de personnes à gérer, c’était plutôt facile. Ça s’est corsé quand le nombre de succursales a augmenté. «C’est devenu un cauchemar, la gestion des horaires, des remplacements, des disponibilités qui changent tout le temps...», relate l’entrepreneur. 

Pas un buffet ouvert

Voilà! fonctionne ainsi : les gestionnaires établissent leurs besoins, créent des quarts de travail, et envoient ensuite le tout aux employés, qui sont alors à même de sélectionner leurs quarts et de créer leurs horaires. «Mais il ne faut pas que ça devienne un buffet ouvert où tout le monde fait ce qu’il veut. Il faut que l’entreprise tourne rondement», souligne Max Trudel, vice-président aux ventes et au marketing. 

Martin Ouellet aime l’analogie du buffet. Si les employés peuvent se servir, c’est à l’employeur de choisir quels plats il présente, et dans quel ordre les employés peuvent faire leurs choix. «Il y a toutes sortes de règles à programmer», précise-t-il, question de s’assurer que les bonnes personnes soient à la bonne place au bon moment. 

Les nouveaux capitaux serviront d’ailleurs à développer la souplesse de l’outil, pour qu’il puisse s’adapter à certains domaines plus complexes, comme les milieux fortement syndiqués. Les secteurs manufacturiers et hôteliers pourraient par exemple profiter de la flexibilité offerte par la plateforme, mais doivent respecter de nombreuses règles aussi. 

Présentement, l’application remporte un grand succès dans le domaine de la restauration et dans les entreprises qui profitent d’une mobilité accrue du personnel. L’un des premiers clients de Voilà! a été une compagnie d’entretien ménager. «Des employés qui sont sur des quarts de travail variables, ça a toujours été négligé dans l’industrie par les fournisseurs de logiciels. Nous, on est en plein là-dedans», soutient Martin Ouellet. 

Voilà! permet de gérer les horaires, d’échanger des quarts de travail, de trouver des remplaçants facilement, mais aussi de remplir des feuilles de temps, et surtout, de communiquer. «La communication avec les employés, c’est rendu un réel problème. On ne l’avait pas prévu au départ, mais j’avais un gros problème chez Yoga Fitness avec ça. D’avoir une messagerie intégrée dans l’application, c’est fantastique», explique le président. 

Les nouveaux capitaux, en provenance d’Investissement Québec, de Telegraph Hill Capital et de Panache Ventures, notamment, devraient permettre à l’entreprise de passer d’une quinzaine à une centaine d’employés dans les bureaux de Québec et Montréal. Des talents qui seront issus de la programmation informatique et du marketing numérique, entre autres.