Les caméras Visi+ comme celle installée sur ce véhicule permettent d'aider les sauveteurs dans les mines ou en surface en améliorant de deux à trois fois la visibilité dans la fumée ou le blizzard, par exemple.

Visi+, des yeux pour voir dans le creux des mines

L'Institut national d'optique (INO) a mis au point une innovation qui rendra les opérations minières plus efficaces et, surtout, plus sécuritaires. Visi+, un appareil qui utilise la fibre optique pour améliorer la visibilité dans les mines est maintenant le petit bijou du fondateur de l'entreprise INN-OXX, Fabien Miller.
Ingénieur minier originaire de Québec, Fabien Miller a commencé à travailler avec l'INO à partir de 2009 à titre de consultant. Son objectif était alors de «rendre visible et bénéfique ce qui nous semble invisible».
Cette sorte de mission qu'il s'est donnée vient de loin. «J'ai perdu un ami à mine Gaspé en 1989 dans un incendie sous terre, raconte-t-il. Ça m'a marqué, car j'étais supposé être avec lui cette journée-là. Il est mort à cause de la fumée de l'incendie. À cette époque, quand je travaillais pour Noranda, on a essayé de développer une technologie pour voir à travers la fumée, mais ça n'a pas fonctionné. Ça m'a toujours resté en tête.» L'idée a donc ressurgi en 2009 et s'est aussitôt mise en  branle. C'est ainsi que Visi+ est né en 2012 grâce à une collaboration avec des membres de l'INO tels que le chercheur Pierre Cottin ainsi que différents partenaires dont le groupe Misa, Zetec et Québec International.
Pour les sauveteurs
Visi+ est une caméra optique portable placée au-dessus d'un véhicule. Elle permet d'aider les sauveteurs miniers à voir à travers la fumée, contrôler l'incendie et aider les sauveteurs en surface pour affronter les mauvaises conditions météorologiques comme des blizzards. «Ça améliore de deux à trois fois la visibilité», souligne Fabien Miller. La technologie n'est pas à la hauteur de ses attentes, car il aurait aimé que la visibilité soit améliorée à 100 %. Mais les coûts auraient été trop élevés. Déjà, la conception a coûté plus d'un demi-million de dollars, et chaque appareil est vendu à 35 000 $. Il sera possible de le perfectionner lorsque le financement le permettra.  
Fabien Miller a donc créé une spin-off nommée INN-OXX, qui a maintenant des droits de commercialisation sur le Visi+. Deux systèmes ont été vendus, et des tests ont été effectués dans une mine en Abitibi.
Il ne reste pour M. Miller qu'à trouver un partenaire d'affaires et à commercialiser le produit. Des entreprises en Australie et au Chili ont déjà montré un intérêt pour le Visi+, mais le directeur préfère se concentrer sur le marché québécois et canadien avant tout. «On voit cette technologie aussi bien pour les unités d'intervention, comme les policiers ou les militaires», ajoute-t-il.
Visi+ est le premier d'une série de technologies qu'INN-OXX mettra sur le marché. Ce que veut Fabien Miller, c'est utiliser les technologies de l'INO et d'autres entreprises pour les vendre aux entreprises minières. «On a déjà d'autres projets sur la planche à dessin».
Du côté de l'INO, l'industrie minière constitue désormais un pilier important. «C'est un nouveau domaine d'application qu'on n'avait pas touché jusqu'à maintenant. On a un peu démontré le potentiel de nos technologies à certains partenaires», explique Nathalie Renaud, gestionnaire de programmes en énergie et ressources naturelles à l'INO.
Effectivement, l'INO multiplie les projets dans ce secteur d'activité. Le président et directeur général de l'INO, Jean-Yves Roy, se dit très satisfait de l'entente avec INN-OXX, une des 29 entreprises essaimées par le centre de recherche depuis ses 25 années d'existence.