L’agence américaine de protection des consommateurs accusait le réseau social le plus puissant au monde d’avoir «trompé» ses utilisateurs sur leur capacité à contrôler leurs informations personnelles.
L’agence américaine de protection des consommateurs accusait le réseau social le plus puissant au monde d’avoir «trompé» ses utilisateurs sur leur capacité à contrôler leurs informations personnelles.

Vie privée : l’amende record infligée à Facebook validée par un juge américain

SAN FRANCISCO — L’amende de 5 milliards $US imposée l’été dernier par l’agence américaine de protection des consommateurs, la FTC, à Facebook, pour ne pas avoir su protéger les données personnelles de ses utilisateurs, a été validée jeudi par un juge.

C’est une décision «historique», a estimé vendredi le président de cette agence, Joe Simons, en soulignant que la FTC n’avait jamais infligé une amende aussi importante.

L’organisme accusait le réseau social le plus puissant au monde d’avoir «trompé» ses utilisateurs sur leur capacité à contrôler leurs informations personnelles.

En plus de l’amende, elle avait imposé à l’entreprise de la Silicon Valley de mettre en place un comité indépendant sur la protection de la vie privée.

Le réseau social avait aussi dû s’engager à ajouter des fonctionnalités permettant aux utilisateurs de mieux contrôler leur vie privée à tous les niveaux de la plateforme, et à fournir des rapports réguliers sur les risques, les problèmes et les solutions mises en place pour assurer la confidentialité des informations.

C’est après l’éclatement en mars 2018 du scandale des fuites de données vers la firme britannique Cambridge Analytica, qui travaillait pour la campagne de Donald Trump en 2016 et a détourné les données personnelles de dizaines de millions d’utilisateurs dans le monde, que la FTC avait ouvert une enquête.

Certains défenseurs de la vie privée s’étaient opposés à l’accord noué entre l’agence en Facebook en estimant qu’il ne punissait pas suffisamment le groupe.

Le réseau social a pour sa part affirmé que l’accord allait au-delà de la législation.

Il devrait servir «de base pour toute réglementation sur la vie privée», aux États-Unis comme ailleurs, a affirmé le responsable de la confidentialité chez Facebook, Michel Protti, dans un billet de blog.

Il a en tout cas servi d’élément déclencheur «pour changer la culture de l’entreprise», a-t-il ajouté.