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Le train à grande fréquence (TGF) est le seul projet dans les cartons de VIA Rail et un TGV n'y sera pas avant «10, 15, 20 ans» à moins que le gouvernement fédéral fasse «un choix demain matin d'être le promoteur d'un autre projet».
Le train à grande fréquence (TGF) est le seul projet dans les cartons de VIA Rail et un TGV n'y sera pas avant «10, 15, 20 ans» à moins que le gouvernement fédéral fasse «un choix demain matin d'être le promoteur d'un autre projet».

VIA Rail fait «pour l'instant» une croix sur l'idée d'un TGV

Michel Saba
La Presse Canadienne
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VIA Rail écarte «pour l'instant» la possibilité de construire un train à grande vitesse (TGV) qui relierait Montréal à Toronto ou à Québec, privilégiant la construction d'un «TGF» dans le corridor Québec-Windsor afin de desservir plus de communautés.

Le train à grande fréquence (TGF) est le seul projet dans les cartons de VIA Rail et un TGV n'y sera pas avant «10, 15, 20 ans» à moins que le gouvernement fédéral fasse «un choix demain matin d'être le promoteur d'un autre projet», a insisté le porte-parole de la société d'État, Philippe Cannon, lors d'une mêlée de presse qui suivait lundi une allocution virtuelle de la présidente et chef de la direction de VIA Rail, Cynthia Garneau, devant un regroupement de gens d'affaires.

«Avant de courir, il faut penser à marcher», a résumé M. Cannon en citant un commentaire qu'il a retenu d'une tournée en Atlantique. Il ajoute qu'en observant ce qu'il se fait en Europe, «les deux pourraient un jour se conjuguer».

Bien que le trajet entre Montréal et Toronto prenne un peu plus de cinq heures en train contre une heure et trente minutes en avion, le porte-parole a affirmé que «le rôle de VIA Rail n'est pas de compétitionner les compagnies aériennes entre les deux points» et que tout compte fait, le train représente une offre intéressante pour beaucoup de voyageurs.

Lors de la vidéoconférence organisée devant le Cercle canadien de Montréal, Cynthia Garneau a expliqué que le TGF est le «projet phare» d'un plan qui comprend également le remplacement de la flotte dans le corridor le plus achalandé du réseau, la rénovation des trains actuels et la modernisation du système de réservation électronique.

Le transporteur ferroviaire dont le siège social est situé à Montréal estime avoir atteint en 2019 son plein potentiel de croissance et pouvoir ainsi attirer davantage de passagers et générer plus de revenus.

VIA Rail va donc améliorer les voies ferrées existantes et en bâtir de nouvelles afin de construire un réseau qui va servir exclusivement au transport de passagers. Les trains pourront alors atteindre leur vitesse maximale de 177 km/h, alors qu'ils sont limités actuellement à 160 km/h en raison du partage des voies avec des trains de marchandises.

Nouveaux wagons et locomotives

Les nouveaux wagons et locomotives, acquis au coût d'un milliard de dollars, devraient être mis à l'essai d'ici la fin de l'année et rouler avec des passagers à bord en 2022. Un appel d'offres important visant à moderniser les centres de maintenance de Montréal et Toronto est à être finalisé.

Dans la portion entre Montréal et Québec, le nouveau tracé passerait sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent et pourrait desservir Trois-Rivières. Il s'ajouterait à celui sur la rive sud qui compte des gares à Drummondville et Saint-Hyacinthe, a dit grande patronne pour «rassurer tout le monde».

Une enveloppe de 500 millions $ a été allouée à VIA Rail dans le budget fédéral déposé en avril afin d'amorcer des travaux d'infrastructure pour améliorer la fluidité à certains endroits du réseau. La société d'État refuse pour le moment de dire comment elle dépensera cette somme.

VIA Rail a connu une année 2020 épouvantable d'abord avec les blocus ferroviaires, mais ce n'était rien en comparaison avec les conséquences de la pandémie qui a immédiatement suivi. Le nombre de passagers a été divisé par cinq par rapport à l'année historique de 2019, passant de 5,1 millions à 1,1 million.