Des détaillants rapportent une véritable explosion des vente de piscines dans les régions de Québec et de Lévis.
Des détaillants rapportent une véritable explosion des vente de piscines dans les régions de Québec et de Lévis.

Vente de piscines: la ruée vers l’eau

Le déconfinement s’amorce à peine, les vacances sont incertaines, les voyages à l’étranger sont à oublier… Bien malin celui qui devinera de quoi ce premier été de pandémie sera fait. Mais ceux qui espèrent trouver le salut dans leur piscine devront faire vite: les ventes explosent. Certains parlent d’un «rush jamais vu en 20 ans». Mais les affaires d’or des pisciniers ne sont pas nécessairement une bonne nouvelle pour les acheteurs, qui risquent de longs délais de livraison et d’installation. Ou carrément de se faire dire non.

«On a pratiquement tout vendu et les fournisseurs n’ont plus rien, tranche Guy-Philippe Gélinas, directeur des ventes chez Piscines Soucy. Et on est juste au mois de mai, alors que d’habitude, on voit ça à la fin juin. Chaque jour, on reçoit une mauvaise nouvelle d’un fournisseur qui n’a plus rien.»

Dans son entreprise, la demande en piscines creusées serait quatre fois plus grande que la normale. Et d’habitude, on procède à deux vagues de commande de chauffe-eau par été. Ce printemps, on en est déjà à quatre.

À LIRE AUSSI
La grande tendance des petites piscines
Une cour parfaite pour passer l’été confiné
Acheter une piscine à défaut de voyager
8 idées de travaux pour le printemps

C’est en contactant des détaillants et des paysagistes pour un dossier sur la tendance des petites piscines (à lire maintenant dans Le Mag) que Le Soleil a fait ce constat. Certains vendeurs ne parviennent même plus à rappeler tous leurs clients. Chez d’autres, il faut prévoir trois à quatre mois d’attente avant d’obtenir une piscine qui ne se trouve pas en stock. «Rendu en septembre, ça ne sert plus à rien», ajoute M. Soucy.

«Ça déborde de tous les côtés. C’est une bonne chose pour nous. Le malheur des uns fait le bonheur des autres, indique Martin Perreault, directeur des opérations pour les trois magasins Club Piscine de Québec et de Lévis. On voit au moins 40 % d’augmentation au niveau des ventes. Et les gens s’installent des piscines complètes : chauffe-eau, système au sel, lumières, tout ce qu’il y a d’équipement possible. On dirait que les gens appliquent leur budget voyage au confort de leur maison cette saison.»

«Livrer la marchandise»

Le son de cloche semble résonner de la même manière dans l’industrie de l’aménagement paysager. «J’entends qu’il se vend près du double de piscines par rapport à l’année passée. Chez nous, on reçoit pratiquement le double d’appels que d’habitude, compare Gabriel Drouin, propriétaire de Drouin Paysagiste. C’est une grosse année charnière pour les paysagistes et les pisciniers. Mais toute l’industrie a le même problème : faut maintenant être capable de livrer la marchandise.»

En effet, l’embauche de main-d’œuvre a été compliquée par la suspension des activités commerciales en raison de la COVID-19. «L’effet pandémie a pris tout le monde de court, raconte M. Gélinas. On a arrêté d’engager des nouveaux parce que tout était fermé, puis on a appris qu’on rouvrait d’un coup, alors des équipes sont incomplètes. Avec cette demande excessive qui provoque un rush jamais vu en 20 ans, c’est impensable de commencer à former des employés.»

Les piscines creusées, qui ont la faveur populaire depuis quelques années, sont parmi les plus difficiles à trouver chez les détaillants ces jours-ci.

Ce sombre scénario n’est pas aussi «gris foncé» chez tous les pisciniers. Certains gros joueurs suffisent encore à la demande, pour certains modèles. C’est le cas de Club Piscine, notamment, qui mise sur de nombreuses équipes d’installation. Une petite armée essentielle quand on installe en moyenne 125 piscines par semaine.

Et l'an prochain?

Malgré tout, un constat demeure, implacable: tout le monde n’aura pas sa piscine en cet été de confinement. Et rien ne garantit que ce scénario ne se répétera pas.

«Est-ce que ce sera pareil l’an prochain? demande M. Gélinas. On est chanceux de ne pas avoir eu un gros hiver qui aurait écrasé des piscines, parce que ce serait encore plus fou.»

En guise de conclusion, M. Drouin considère la chose avec philosophie. «Au moins, toute cette situation aura l’avantage que beaucoup de gens vont changer leur manière de penser et leurs priorités. Même moi. Peut-être vaut-il mieux se contenter d’investir sur le terrain maintenant et mettre ça à notre goût. On verra pour les voyages plus tard.»