Les clients font la file au magasin Canac de la rue Bernier à Charlesbourg.
Les clients font la file au magasin Canac de la rue Bernier à Charlesbourg.

Vacanciers confinés, quincailliers débordés

Myriam Boulianne
Myriam Boulianne
Le Soleil
Avec l’arrivée du beau temps et le confinement, plusieurs Québécois, privés de leurs projets de vacances, se tournent vers l’aménagement de leur cour. Résultat : l’engouement pour les magasins spécialisés dans la vente d’accessoires et de mobilier d’extérieur est en forte hausse par rapport à l’an passé. Les propriétaires prévoient même renouveler leur inventaire plus tôt qu’à l’habitude.

«C’est la première fois que je vois un tel achalandage», constate François Gendron, directeur de la quincaillerie Canac à Charlesbourg. En poste depuis sept ans dans la même succursale, il croit même devoir renouveler son inventaire en juin plutôt qu’en septembre.

Même son de cloche du côté de Martin Boivin, copropriétaire du Centre de rénovation Home Hardware à Charlesbourg. «Par rapport aux printemps passés, c’est très excessif, c’est deux fois plus d’achalandage qu’à l’habitude. Il y a parfois 20 à 30 clients qui attendent à l’extérieur», remarque-t-il.

Il croit devoir bientôt commander des «back-up» des produits les plus populaires, tels des chaises de parterre et des barbecues. «Normalement, je renouvelle les produits saisonniers à la mi-juin, mais déjà, il commence à en manquer», ajoute-t-il.

Plusieurs Québécois, privés de leurs projets de vacances, se tournent vers l’aménagement de leur cour.

Les deux hommes ne prévoient toutefois pas embaucher de nouveaux employés. «Notre recrutement estival s’est déroulé au mois de février, alors que la pandémie n’était pas commencée. Pour l’instant on gère bien la situation», assure M. Gendron.

Toutefois, chez le Pro du Patio, l’entreprise a dû engager du personnel saisonnier additionnel. «Habituellement, on fournit avec trois employés. Mais cette année, on est cinq», précise la conseillère Brigitte Levesque, dont les ventes ont déjà quadruplé comparativement à l’an dernier.

Malgré le personnel additionnel, Mme Levesque affirme que la demande est «extraordinaire» et qu’ils ont de la difficulté à fournir. «Normalement, en dedans de 24 à 48 heures, on répond aux demandes de soumission en ligne. Là, j’ai des courriels qui datent d’une semaine et je ne suis même pas rendue à les lire», confie-t-elle. 

«Les gens savent qu’ils ne pourront pas voyager cette année et qu’il n’y a rien de certain pour l’an prochain. Donc, ils investissent beaucoup sur l’aménagement extérieur de leur maison», commente Mme Levesque.

Troquer le sud pour la maison

En raison du confinement, la majorité de ses clients ont devancé leurs projets de patios et de solariums. L’installation de tels produits varie de 4 000 $ à 75 000 $. «Les gens économisent pour leurs vacances. Donc, ils ont déjà accumulé une partie de cette somme. Par contre, on ne s’attendait pas à ce que les gens investissent autant pour leurs demeures cette année», s’étonne-t-elle.

Même raisonnement du côté de François Gendron, qui constate des ventes accrues dans tout ce qui est saisonnier : barbecues, ensemble de détente, patios, etc. Lui aussi attribue cet engouement au fait que les gens utiliseront leur budget voyage pour améliorer le confort de leur chez-soi.