Vacances de la construction: une habitude bien ancrée

Plus de 155 000 travailleurs de la construction entament ces jours-ci leurs vacances annuelles, entraînant des ralentissements sur les routes et un achalandage inégalé dans les hôtels, restaurants et autres attractions touristiques. Et cette avalanche de vacanciers simultanés n'est pas prête de changer dans les prochaines années.
Les vacances estivales de la construction sont en place depuis 1971. Et tout indique qu'elles ne partiront pas de sitôt. Vaut mieux s'habituer aux plus longues files d'attentes et aux prix plus élevés dans les escapades estivales.
«La période de vacances, c'est un élément qui est inscrit dans les conventions collectives», rappelle Eric Côté, porte-parole de l'Association de la construction du Québec. «Il y a des exceptions au niveau de certains types d'ouvrage, dans la convention collective, qui ont une exclusion. Mais généralement, ça reste toujours la même période. Pour nous, sauf pour les travaux d'urgence, c'est une période d'arrêt pour pas mal tous les secteurs.»
Bref, tout le monde arrête, en même temps. Certains travailleurs de la voirie ou du génie civil poursuivent cependant leur travail sur les chantiers, en raison de la trop courte période estivale.
Les employeurs aimeraient-ils un peu plus de flexibilité, au lieu de perdre leur main d'oeuvre tout d'un coup? Non, répond le porte-parole. «Ce sont les périodes les plus chaudes. C'est peut-être les moments où c'est le plus difficile de travailler», fait remarquer Eric Côté. «Les gens qui font des toitures en plein mois de juillet, c'est pas le moment le plus facile! En terme de productivité, c'est pas non plus l'idéal, de faire travailler les gens à la grosse chaleur.»
Les donneurs d'ouvrage ne se plaignent donc pas de cette tradition. Et les ouvriers? Non plus, selon le porte-parole de l'Alliance syndicale de la construction, Merlin Trottier-Picard. «Ce n'est pas remis en question. C'est un modèle assez classique, et ça fait le bonheur à la fois des travailleurs et des entrepreneurs» soutient-il. «Ça leur permet d'avoir des travailleurs plus motivés par la suite.»
L'industrie touristique ne se plaint pas de cette manne prévisible de vacanciers de juillet. En 2008, une légère modification des vacances de la construction avait même suscité de l'inquiétude dans le milieu du tourisme. Depuis 2008, les vacances de la construction ont en effet lieu les deux dernières semaines de juillet, même si cela déborde un peu au mois d'août.
La Commission de la construction du Québec a par ailleurs transmis cette année plus de 155 000 chèques de vacances, totalisant quelque 387 millions $.
Il s'agit d'une baisse de 2,9 pour cent de la valeur totale des chèques comparativement aux montants versés en 2013, qui avait été une année record. Avec La Presse Canadienne