L’usine, qui devait coûter autour de 18 millions $, demandera plutôt un investissement de 40 millions $ pour la phase 1. Elle sera située dans le parc industriel de Pintendre.

Usine de cannabis à Lévis: projet deux fois plus gros

La construction de la première usine de cannabis thérapeutique de la région de Québec, qui devait avoir lieu en mars ou en avril, n’est toujours pas commencée. L’entreprise Exflora attend encore le feu vert de Santé Canada. Le projet continue toutefois de croître, alors que les investissements et la production anticipés sont au moins deux fois plus importants que prévu.

«Il n’y a pas de raison qu’on n’ait pas de licence. Le projet va prendre forme, c’est sûr. C’est une question de temps», estime le président d’Exflora, Dany Leclerc. L’homme d’affaires, qui est aussi derrière les produits nettoyants pour voitures SansZo, précise que la demande a été envoyée en septembre, soit il y a 11 mois.

Au début mai, l’entreprise a eu la confirmation que tous les employés-clés d’Exflora ont passé avec succès le processus d’autorisation de sécurité. On vérifie entre autres les antécédents judiciaires des demandeurs.

«C’est l’étape la plus longue du processus de licence. Cette étape-là est passée», note M. Leclerc. «On n’a pas le choix d’attendre ces délais-là, et c’est plus long que ce qu’on avait pensé.»

Il semble toutefois que ces échéances soient normales, précise l’homme d’affaires. À Santé Canada, on confirme que les démarches pour obtenir la licence peuvent prendre plus d’un an.

L’échéancier est donc pour l’instant reporté à plus tard. Exflora espère pouvoir commencer la construction du bâtiment, qui sera situé dans le parc industriel de Pintendre, à partir d’octobre ou de novembre.

«L’idée c’est de monter la coquille le plus rapidement possible pour être capable de travailler à l’intérieur pendant l’hiver.»

40 millions $
L’usine, qui devait coûter autour de 18 millions $, demandera plutôt un investissement de 40 millions $ pour la phase 1. La production passera pratiquement du simple au triple. Alors qu’elle devait osciller entre 8 et 10 millions de grammes par année, elle sera finalement autour des 23 millions de grammes. On parle d’une «production verticale de haute technologie».

M. Leclerc parle déjà d’expansion, si la demande du marché est favorable et que les investisseurs sont au rendez-vous.

La production passera pratiquement du simple au triple. Alors qu’elle devait osciller entre 8 et 10 millions de grammes par année, elle sera finalement autour des 23 millions de grammes.

Pour la phase 2, la capacité de production gonflerait à 100 millions de grammes, avec un investissement supplémentaire de 20 millions $.

En phase 1, Exflora prévoit créer une cinquantaine d’emplois et en phase 2, l’entreprise aurait jusqu’à 100 employés.

L’achat à la Ville de Lévis du terrain de la rue Ferblantier est conditionnel à l’approbation de Santé Canada.

Le financement n’est toujours pas complété, admet toutefois M. Leclerc, bien que des discussions avec des partenaires «intéressants» soient en cours. Est-ce en raison de l’absence de licence? «Pas nécessairement, mais c’est certain que ça a un poids dans la balance.»

En janvier dernier, M. Leclerc indiquait qu’il était en pourparlers avec des clients qui étaient prêts à acheter pratiquement toute sa production. Est-ce que les délais les ont fait fuir?

Non, confirme-t-il. «Ça ne nuit pas, parce que ces gens-là sont en démarche pour avoir l’autorisation de vendre du cannabis. Ils sont eux aussi dans le néant», explique l’homme d’affaires, puisqu’eux non plus ne savent pas quand ils auront leur licence en main.

Bien que la consommation récréative de marijuana sera légalisée en octobre, Exflora garde sa vocation entièrement médicale et misera exclusivement sur l’extraction d’huile et de ses molécules, précise M. Leclerc.

Direction complétée
Par ailleurs, l’équipe de direction d’Exflora est maintenant terminée. «Entre autres, nous avons ajouté quelques scientifiques hautement qualifiés issus de l’industrie pharmaceutique», a expliqué l’homme d’affaires.

«De plus, nous comptons au sein de notre équipe un nouveau fondateur, Bruno Fettweis, un entrepreneur aguerri qui possède une grande expérience dans le domaine de la culture maraîchère biologique et qui a œuvré comme consultant dans l’industrie du cannabis pendant plusieurs années. Il possède une connaissance impressionnante de la plante de cannabis», précise M. Leclerc.

La production sera d’ailleurs certifiée biologique.

Selon le site de Santé Canada, les étapes pour les producteurs autorisés sont la réception de la demande et l’examen préliminaire, l’examen approfondi et le début du processus d’autorisation de sécurité, la délivrance de la licence de production, l’inspection d’introduction (quand la culture commence), l’inspection avant la vente et la délivrance d’une licence de vente.