Jean Forest et Emmanuel Jolys sur le toit de l'hôtel Château Laurier à Québec.

Une tonne de miel sur les toits du centre-ville

Jean Forest et ses collègues apiculteurs urbains ont récolté pas moins d'une tonne de miel samedi après-midi grâce à 15 ruches placées sur différents toits du centre-ville de Québec.
En tout, M. Forest et son équipe ont emporté 750 000 abeilles dans la capitale au début de l'été. Le fruit du travail de leurs butineuses a permis la production de 32 plaques de 65 livres de miel, ce qui représente 10 % de tout le miel produit annuellement à la miellerie de Champlain située près de Trois-Rivières et dont M. Forest est propriétaire.
Le projet passe plutôt inaperçu, malgré la grande population d'abeilles importée en ville. «Les gens ne s'en rendent pas compte, sauf peut-être ceux qui ont accès aux toits», raconte M. Forest.
Le miel conçu en milieu urbain est plus clair et moins chimique que le miel provenant des régions. «Il n'y a aucun pesticide ou insecticide, explique Jean Forest. On a le contrôle de ce qui va dedans.» Et les abeilles ont l'embarras du choix pour butiner. Environ 45 types de pollen se trouvent dans le miel produit dans le centre-ville, comparativement à une quinzaine en milieu rural.
Qualité supérieure
Cette grande variété donne «un miel de qualité supérieure» et en améliore les propriétés, ajoute M. Forest. Le miel produit sera offert à différents points de vente de Québec dans des marchés d'alimentation spécialisés.
Le projet de miel urbain est réalisé en collaboration avec les Urbainculteurs, un organisme fondé en 2009 qui se spécialise en potagers urbains. «L'apiculture et l'agriculture urbaines vont ensemble», puisque les abeilles favorisent la pollinisation des plantes, explique Marie Einsenmann, cofondatrice d'Urbainculteurs. D'ailleurs, chaque toit où se trouvent des ruches possède abrite aussi son potager.
Selon elle, «L'apiculture est dans l'ère du temps» ajoute Mme Einsenmann. Il y aurait tout près de 400 ruches à New York et 300 à Paris. Le projet de miel urbain sera de retour à Québec l'an prochain.