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Brasserie artisanale Griendel 
Brasserie artisanale Griendel 

Une sortie au resto? Oubliez la spontanéité...

Paul-Robert Raymond
Paul-Robert Raymond
Le Soleil
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L’envie d’aller au resto avec votre conjoint vous prend soudainement un samedi après-midi? Hélas, le moment ne laisse pas de place à la spontanéité.

Si on veut aller dans un petit ou un moyen restaurant, il faut prévoir au moins deux semaines pour avoir une table. Si on en a une avant ce délai, c’est soit parce que vous vous êtes placé sur une liste d’attente et que vous avez été chanceux qu’il y ait eu une annulation.

Les quelques restaurateurs contactés ont pratiquement donné le même délai pour obtenir une place dans leur établissement.

Avec les règles sanitaires qui imposent un espace de deux mètres entre les tables et malgré le fait qu’un maximum de deux adultes par table, issus d’adresses différentes et accompagnés de leurs enfants d’âge mineur, peuvent être ensemble à la même table, ça coupe énormément d’espace dans les restos. «Dans la plupart des cas, la capacité d’accueil ne dépasse pas les 50 % de ce que l’établissement peut faire en temps normal», explique François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales à l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ).

La microbrasserie Griendel a perdu 66 % de sa capacité d’accueil. «Lors de journées achalandées, nous refusons plus de 20 réservations par jour», calcule le copropriétaire Martin Parrot.

«Dans les restaurants gastronomiques, haut de gamme ou plus nichés, où les salles à manger sont plus petites, oui, ça peut prendre deux semaines avant d’avoir un rendez-vous», ajoute le porte-parole de l’ARQ. «Dans le cas des restos familiaux, où normalement on a plus de 200 places assises, le délai peut être plus court.»

Mais, «la restauration, c’est très large...» dit-il. «Les mets pour emporter et les livraisons ont beaucoup aidé certains restaurants à tirer leur épingle du jeu. Cependant, certains ne sont pas équipés pour faire cela.»

Le take-out, pas pour tous

C’est le cas du restaurant ARVI dans le quartier Limoilou à Québec. «On a très peu fait de mets pour emporter. On a essayé, mais on a arrêté de le faire. À ceux qui réussissent à en faire, je leur lève mon chapeau! Pour notre part, ça ne reflète pas l’expérience qu’on peut vivre au ARVI pour notre clientèle», raconte le chef Julien Masia. «Présentement, notre restaurant est aux deux tiers de sa capacité, mais c’est mieux que zéro. On ne fait pas la fine bouche. On est mieux de faire ça comme ça maintenant que d’être obligé de refermer.»

Par contre, d’autres en ont tiré profit. «Le take-out, ça nous aide beaucoup. On fait d’ailleurs des boîtes à lunch pour les entreprises», affirme Charles-Antoine Authier, directeur associé au Montego resto club.

Cela compense la réduction des heures d’ouverture. «On essaie d’ouvrir le plus souvent possible pour accommoder notre clientèle, les midis et les soirs. […] Cependant, on ne fait plus de brunchs les dimanches. On va attendre que les mesures sanitaires soient moins contraignantes», dit M. Authier qui précise que les gens sont tout de même très coopératifs en ce qui concerne les mesures sanitaires.

Dans le cas de la Brasserie artisanale Griendel, le délai est peut-être moins long, soit de trois à quatre jours d’avance, «selon l’heure et la journée». Mais la situation actuelle ne reflète pas le modèle d’affaires que l’établissement du quartier Saint-Sauveur s’était donné au départ et ne laisse toujours pas de place à la spontanéité.

La microbrasserie a perdu 66 % de sa capacité d’accueil, de 120 places assises, elle est passée à 40. «Lors de journées achalandées, nous refusons plus de 20 réservations par jour [fois deux personnes]», note le copropriétaire Martin Parrot. «Les clients sont heureux d’être là, compréhensifs et respectueux des normes de santé publique en place. La possibilité [pour nous qui sommes une microbrasserie] de vendre de l’alcool sans nécessairement vendre un repas ferait une bonne différence sur nos ventes.»


« Dans les restaurants gastronomiques, haut de gamme ou plus nichés, où les salles à manger sont plus petites, oui, ça peut prendre deux semaines avant d’avoir un rendez-vous »
François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales à l’ARQ

«On vend aussi notre bière en canettes depuis décembre. Mais notre modèle d’affaires à la base, c’est de vendre notre bière sur place», dit-il, en citant d’autres établissements de Québec similaires qui vivent la même situation. 

Suggestion sur le couvre-feu

Par contre, M. Authier du Montego avait une suggestion à faire au gouvernement quant au couvre-feu.

«Si le couvre-feu était une heure plus tard, ça nous aiderait beaucoup, soit 22h30 au lieu de 21h30. Cela nous permettrait de faire de 40 à 50 % de plus le soir. En ce moment, on doit oublier les repas de deux ou de trois services pour ne faire que des repas à un service.» M. Parrot abonde dans le même sens.

«Le fonctionnement avec le volume de clients actuels avec la distanciation et le couvre-feu n’est pas soutenable à moyen ou long terme sans les aides gouvernementales fédérales», soutient le copropriétaire du Griendel, qui conclut que cette aide fédérale a été beaucoup plus accessible que celle du gouvernement du Québec.