Le Collège Mérici pourrait innover en retardant d’un mois, par exemple, la rentrée scolaire.

Une rentrée... un mois plus tard au Collège Mérici?

Et si la rentrée automnale au Collège Mérici était reportée d’un mois, par exemple, afin de viser une meilleure concordance entre le début des classes et la saison touristique qui s’étire maintenant jusqu’au début du mois d’octobre?

Le débat s’amorce au sein de cet établissement collégial privé de Québec qui prépare près d’un millier d’élèves aux études universitaires et au marché du travail.

À compter de la rentrée qui vient, des élèves de première et de deuxième année du programme de Gestion d’un établissement de restauration pourront repousser de deux semaines leur retour sur les bancs d’école afin de continuer de travailler. 

«Ça fait 50 ans que les cégeps existent. Ça fait 50 ans que le calendrier scolaire demeure inchangé alors que la société a évolué et que les besoins du marché du travail ne sont les plus mêmes», affirme la directrice des études du Collège Mérici, Johanne Décoste. «Notre réflexion va dans ce sens-là. Il s’agit d’actualiser notre calendrier scolaire en lien avec la réalité d’aujourd’hui.»

Chaque automne, les employeurs, principalement ceux de l’industrie touristique, entonnent le même refrain. La rentrée scolaire est trop hâtive alors que l’activité touristique ne dérougit pas. Pendant que leurs jeunes employés saisonniers retournent sur les bancs d’école, les employeurs sont pris au dépourvu.

La consultation au Collège Mérici va se mettre en branle au mois d’août prochain. Elle visera tout le personnel de la maison d’enseignement, les syndicats et les élèves.

«Est-ce que ces derniers seraient intéressés à fréquenter une école qui, par exemple, effectuerait la rentrée un mois plus tard que tout le monde dans le secteur collégial? C’est la question que nous poserons aux jeunes.»

Les fruits de cette consultation seront ensuite présentés au ministère de l’Éducation.

Selon Mme Décoste, le report éventuel de la rentrée pourrait se concrétiser à temps pour le retour en classe de 2020-2021 ou encore celui de l’année suivante.

«Nous aimons dire que nous sommes des agents de changement», fait remarquer Mme Décoste. «Nous sommes très connectés sur le monde du travail et à l’écoute des besoins qui sont exprimés par les employeurs. Et l’enjeu du calendrier scolaire revient constamment sur le tapis.»

Un premier pas

En octobre dernier, Le Soleil rapportait la volonté du Collège Mérici de repousser la rentrée des élèves de son École de tourisme, d’hôtellerie et de restauration (ETHR) qui permet à une centaine de jeunes d’apprendre leur métier.

Johanne Décoste précise que la réflexion s’élargit à tous les programmes préuniversitaires et techniques.

«L’industrie touristique, durant la forte saison, ne recrute pas seulement des élèves qui veulent faire carrière dans la restauration et l’hôtellerie, mais qui sont aussi inscrits en sciences de la nature, en sciences humaines ou en techniques d’orthèses et de prothèses orthopédiques.»

Cette année, les élèves de deuxième et de troisième année du programme de Gestion d’un établissement de restauration de l’ETHR pourront bénéficier, s’ils le veulent bien, d’un report de deux semaines de la rentrée 2018-2019 qui se fera, dans leur cas, le 4 septembre, le lendemain de la fête du Travail, plutôt que le 20 août.

«Pour nous, il s’agit d’un projet pilote», précise la directrice des études. «C’est un petit geste que nous posons. Ça n’aura pas un impact majeur sur les besoins de main-d’oeuvre de l’industrie. N’empêche que nous réalisons un petit pas.»

Des élèves de deuxième et de troisième du programme de Gestion d’un établissement de restauration, il y en a peine 25.

«Nous n’avons pas inclus les étudiants de première année, car nous jugeons qu’il est important qu’ils commencent leur formation collégiale en même temps que tout le monde. La transition entre l’école secondaire et le cégep n’est pas toujours facile. Nous ne voulons pas prendre le risque de compromettre la réussite de leur première session», insiste Mme Décoste.

Les élèves de deuxième et de troisième année du programme de Gestion d’un établissement de restauration décideront sous peu s’ils choisiront ou non de repousser leur rentrée du 20 août au 4 septembre.

«S’ils le font, ils devront en informer leurs employeurs et convenir de modalités avec les enseignants pour reprendre les cours manqués au cours des deux premières semaines, soit par des lectures ou des travaux.»

L’an dernier, la direction du Collège Mérici avait innové en n’offrant plus de cours aux élèves de l’ETHR le vendredi après-midi afin de leur permettre d’effectuer un quart de travail de plus chez leur employeur.

L’initiative va se poursuivre à la reprise de la session automnale 2018-2019, assure Johanne Décoste.