Au troisième trimestre de 2018, le prix des propriétés a enregistré une hausse «modeste» de 2,7 % par rapport à la même période l’an dernier dans la ville de Québec.

Une maison plutôt qu'un condo pour quelques milliers de dollars de plus

Entre un appartement en copropriété et une maison de plain-pied à Québec, la différence est d’à peine 24 112 $.

«À prix quasiment égal, plusieurs acheteurs font le choix d’une maison de plain-pied pour plus d’espace et un morceau de verdure bien à soi», affirme Michèle Fournier, vice-présidente de Royal-LePage Inter-Québec. «Un facteur qui joue en défaveur du marché de la revente d'appartement en copropriété.»

L’agence a publié, mardi, son étude sur le prix des maisons sur le marché immobilier à Québec.

Au troisième trimestre de 2018, le prix des propriétés a enregistré une hausse «modeste» de 2,7 % par rapport à la même période l’an dernier.

Le prix des maisons à deux étages a progressé de 5,6% au troisième trimestre pour afficher 377 796 $.

Celui des maisons de plain-pied n’a pratiquement pas bougé — une hausse d’à peine 0,1 % — pour s’établir à 269 576 $.

Quant au prix des appartements en copropriété, il a fait du surplace à 245 464 $.

Une mauvaise nouvelle pour les vendeurs.

Une bonne pour les acheteurs.

«Le prix des appartements en copropriété est resté au beau fixe au dernier trimestre, bien que beaucoup de propriétés ont été vendues au rabais», souligne Michèle Fournier en rappelant que l’on compte actuellement dans la capitale un acheteur pour 18 condos disponibles sur le marché, «soit le double du ratio de propriétés disponibles que l’on retrouve normalement dans un marché équilibré.»

En septembre dernier, la Ville de Québec dévoilait son rôle triennal d’évaluation des propriétés de l’agglomération pour les années 2019 à 2021.

En raison de l’abondance de condos dans le marché de Québec, leur valeur en prend un coup. Une baisse de 4,6 %.

«Lors du dernier rôle, les évaluations dans ce segment étaient gonflées par rapport au marché», explique Michèle Fournier. «Bien que l’évaluation foncière n’est pas le seul facteur à considérer dans l’établissement du prix d’une propriété, cet ajustement sera positif, puisque plus réaliste, en plus de diminuer légèrement le compte de taxes pour certains propriétaires.»

Selon la vice-présidente de Royal-Lepage Inter-Québec, l’accès à la propriété devient de plus en plus difficile à Québec. Une hausse prochaine des taux d’intérêt pour compliquera davantage la situation.

«Les banques sont moins enclines à prêter, puisque les hausses additionnelles de taux d’intérêt anticipées par plusieurs dans les prochains mois pourraient déstabiliser le marché», fait-elle remarquer. «Le resserrement des règles hypothécaires a déjà eu comme effet dans la région de forcer certains acheteurs à revoir leurs attentes à la baisse. De nouvelles hausses rendraient par ailleurs le refinancement d’une propriété plus difficile.»

Ventes à la baisse

Alors les ventes résidentielles ont grimpé de 5 % dans la Belle Province au troisième trimestre par rapport à la même période l’an dernier, la région de Québec a enregistré une baisse de 1%. Il s’agit de la première diminution de l’activité en cinq trimestres.

Rien pour s’inquiéter, signale la directrice générale de la Chambre immobilière de Québec, Martine Bélanger.

«Il s’agit tout de même d’un excellent trimestre, puisque l’année dernière à la même période, nous avions enregistré un sommet d’activité en six ans pour la région», mentionne-t-elle.

Deux des trois catégories de propriétés ont vu leur nombre de ventes diminuer : l’unifamiliale a enregistré une variation de -2 % et le plex a connu une variation de ‑3 %. La copropriété a de son côté affiché une hausse des ventes de 3 %.

«Globalement, les conditions du marché ont peu changé depuis un an : elles sont légèrement à l’avantage des acheteurs, sauf pour la copropriété, où les acheteurs ont vraiment le gros bout du bâton dans les négociations », conclut Martine Bélanger.