La demande de recours collectif déposée par Liliane Paquette s’ajoute à une longue liste de recours contre Monsanto et d’actions citoyennes contre son produit Roundup, comme celle d’Attac, de la Confédération paysanne, de Radiaction et de Xtinction rebelle, en France, le 22 mai dernier.

Une dame de L’Assomption veut intenter un recours collectif contre Monsanto

Une ex-agricultrice de L’Assomption qui attribue son lymphome non hodgkinien à l’herbicide Roundup et à son ingrédient actif, le glyphosate, vient de déposer en cour supérieure une requête en autorisation d’intenter un recours collectif contre Monsanto, Monsanto Canada et la multinationale Bayer, qui s’est portée acquéreur de Monsanto en juin.

Le glyphosate empêche la plante sur laquelle il est appliqué de produire les acides aminés nécessaires à la biosynthèse des protéines, tuant la plante en deux ou trois jours. D’abord présenté comme une innovation technologique permettant se débarrasser de la mauvaise herbe sans nuire aux êtres humains et à l’environnement, il est cependant considéré comme probablement cancérigène depuis le 20 mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Exposée durant 8 ans

La requête a été déposée par Me Éric Lemay du cabinet d’avocats Dussault, Lemay et Beauchesne au nom de Liliane Paquette, qui a été exposée au Roundup de 1997 à 2005 sur la ferme laitière où elle habitait et qu’elle exploitait avec son ex-conjoint. Elle dit avoir manipulé régulièrement l’herbicide en plus d’avoir été en contact physique avec des cultures qui avaient été aspergées de Roundup. De plus, lorsque les fenêtres de la résidence étaient ouvertes, la dame disait respirer fréquemment le Roundup provenant des champs qui entouraient la maison.

En 2005, elle a reçu un diagnostic de leucémie lymphocytaire de stade 4, un lymphome non hodgkinien (une forme de cancer du système lymphatique). Depuis, elle a été incapable de travailler et a dû subir plusieurs traitements de chimiothérapie, certains efficaces, d’autres non, et certains lui ayant causé plusieurs effets secondaires négatifs sérieux. 

Mme Paquette disait ignorer alors la nature et l’étendue des dommages qui pouvaient être causés par l’exposition au Roundup et maintient que Monsanto et Bayer ont fait preuve de mépris pour la santé et la sécurité des plaignants qui risquaient leurs vies et leur santé en utilisant ou en étant exposés au glyphosate. Elle ajoute que les avertissements concernant les risques du produit n’étaient pas adéquats et que Monsanto et Bayer ont faussement déclaré que le Roundup était sécuritaire et sans risque.

Dommages

Mme Paquette représente un nombre indéterminé de Québécois qui ont reçu un diagnostic de lymphome non hodgkinien après avoir utilisé ou été exposés au Roundup depuis 1976. Elle réclame pour elle et les codéfendeurs un montant à être déterminé pour dommages pécuniaires et non pécuniaires et un montant de 10 millions $ à titre de dommages punitifs.

Le glyphosate a d’abord été synthétisé dans les années 50 par le chimiste suisse Henri Martin de la compagnie pharmaceutique Cilag comme potentiel produit pharmaceutique. Ses propriétés herbicides n’ont cependant été découvertes qu’en 1970 par Monsanto, qui l’a lancé sur le marché en 1974 sous le nom de Roundup. Le produit est vite devenu la vache à lait de Monsanto et lui a permis de devenir l’un des plus gros joueurs mondiaux dans le domaine des herbicides. En 2000, le Roundup représentant 2,8 milliards $ de ventes, soit cinq fois plus que les autres herbicides, et près de la moitié des revenus de Monsanto.

Depuis 2007, Roundup et les autres herbicides à base de glyphosate ont toujours été les herbicides les plus vendus au Canada avec plus de 25 millions de kilos par année. De plus, les semences Roundup Ready, modifiées génétiquement pour être résistantes au glyphosate, ont été lancées par Monsanto en 1996 et étaient déjà, en 2000, plantées sur 80 millions d’acres de terres agricoles à travers le monde.