Maude Rioux a perdu deux journées de travail en raison du report des travaux d'Hydro-Québec. La société d'État projettait une interruption de courant le 22 ou le 23 décembre. Une situation inconcevable pour la propriétaire.

Une coiffeuse furieuse contre les coupures de courant d'Hydro

La propriétaire d'un salon de coiffure du quartier Saint-Sauveur s'est frottée à l'inflexibilité d'Hydro-Québec qui refusait de changer la date d'une interruption d'électricité prévue le 22 décembre, la période la plus achalandée de l'année pour son commerce. Elle est en colère contre la société d'État qui lui a déjà fait perdre deux journées de travail en décembre à cause de reports répétés de la date des travaux.
Cette année, Maude Rioux n'envisage pas Noël comme une période de réjouissances. La proprio du salon l'Emmêlée de la rue Cardinal-Taschereau essayait de comprendre jusqu'à lundi ce qui motivait Hydro à ne pas vouloir l'accommoder, surtout qu'elle a déjà subi les préjudices des précédents reports.
«On m'a appelée dans la première semaine de décembre pour me dire que l'interruption devait être le 5 décembre entre 9h et 16h. J'ai donc appelé mes clients pour reporter leur rendez-vous et j'ai dit à mes employés de ne pas se présenter au travail. Le 6 décembre, j'apprends que ç'a été reporté au lendemain, 7 décembre. Encore une fois, j'ai appelé les clients et nous ne sommes pas rentrés au travail. Le 8, ce n'était toujours pas fait», explique-t-elle, visiblement exaspérée par la situation.
Vendredi, elle a reçu un appel qui a fait déborder le vase de sa patience. «Cette fois, Hydro me dit que ça va être le 22 décembre et que si ça ne fonctionne pas, ça sera le lendemain. C'est probablement les deux jours les plus achalandés de l'année. Je suis bookée de 9h à 21h», renchérit-elle.
Pour ajouter à sa frustration, elle s'est fait répondre que les travaux ne peuvent pas être reportés entre Noël et le jour de l'An ou en début d'année prochaine. «Ils disent que c'est urgent alors qu'ils ont déjà reporté les travaux deux fois. Je ne comprends pas», s'indigne Mme Rioux.
Si Hydro ne recule pas, elle doit louer des espaces dans un autre salon de coiffure et appeler tous les clients prévus cette journée-là pour leur donner rendez-vous à l'adresse temporaire choisie. À deux jours de Noël, elle ne peut les abandonner.
Report confirmé après les Fêtes
Chez Hydro-Québec, on explique les reports du début du mois en raison de la tempête qui s'était abattue sur la région la fin de semaine précédente. «Il y avait plus de 200 équipes sur le terrain pour réparer les bris causés par les précipitations de neige», explique le porte-parole Daniel Banville.
Lundi, en fin d'après-midi, après le coup de fil du Soleil, il confirmait surtout que la décision avait finalement été prise de reporter les travaux du 22 décembre après la période des Fêtes. «On comprend que ce n'est pas une bonne période pour ce commerce. On va l'aviser comme les 200 autres clients touchés.» L'histoire ne dit pas si la décision avait été prise avant l'appel du Soleil. Cette inflexibilité d'Hydro avait déjà été rapportée en mai 2015 lors d'une interruption de courant de 12 heures planifiée un mardi en journée sur une portion de la rue Saint-Jean. Plusieurs gens d'affaires s'en prenaient à la façon de faire d'Hydro-Québec qui ne pouvait garantir la tenue des travaux à la date dite. Au pire, la société d'État projetait les réaliser le lendemain. Cette fois, les opposants n'avaient pu convaincre Hydro de faire autrement.