Une bouffée d'air pour les restaurateurs

Les restaurateurs peuvent pousser un petit soupir de soulagement. Ils n'auront bientôt plus besoin de payer un permis d'alcool pour chaque pièce de leur établissement. Et le prix des permis est également revu à la baisse.
Lors du dernier budget provincial, le gouvernement annonçait souhaiter moderniser la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ). 
Mercredi, un projet de règlement a finalement été publié dans la Gazette officielle. Ce règlement prévoit la mise en place d'un permis d'alcool unique par catégorie, une diminution des tarifs pour l'obtention des permis ainsi que l'instauration de sanctions administratives pécuniaires. Il pourra être soumis à l'approbation par le gouvernement dans 45 jours. 
Actuellement, un restaurateur, un propriétaire de bar ou un hôtelier doit débourser 617 $ pour obtenir un permis de bar ou un permis de restaurant. Dorénavant, ces permis seront vendus à 563 $ chacun. 
Afin d'être conforme à la Loi, chaque établissement devait également multiplier les frais pour obtenir un permis par salle de service. Par exemple, pour un restaurant de la chaîne St-Hubert qui possédait trois salles et un bar, l'entreprise devait détenir quatre permis d'alcool. D'ici quelques semaines, selon le projet de règlement, elle n'aura besoin que d'un permis de bar et d'un permis de restaurant.
«C'est un grand jour! Cela faisait très longtemps qu'on attendait cette modification. La multiplication du nombre de permis pour vendre de l'alcool était une aberration qu'il fallait corriger», indique au Soleil François Meunier, vice-président aux affaires publiques à l'Association des restaurateurs du Québec. Ce dernier avance que certains de ses membres possèdent actuellement pour un établissement entre cinq et six permis.
Quant aux sanctions imposées pour des manquements prévus à la loi, le gouvernement offrira aux autorités la possibilité d'imposer des amendes aux contrevenants. Actuellement, lors d'un manquement, le permis d'un exploitant ne pouvait être que suspendu ou révoqué.
«Le système était extrêmement lourd. Par exemple, pour une infraction mineure, un timbre absent sur une bouteille, car il a décollé, le titulaire est automatiquement convoqué devant la RACJ. Dans 60 % des cas, il n'a aucune sanction, mais le restaurateur a payé pour un avocat», dit M. Meunier.
Depuis plusieurs années, les chaînes St-Hubert et Normandin demandent un permis d'alcool plus flexible qui permettrait aux clients d'apporter leur vin dans leurs établissements. Le règlement ne prévoit aucune mesure du genre.