Selon la direction du Groupe Le Massif, le Club Med entraînera 50 000 nouveaux visiteurs par an dans la région de Charlevoix.

«Une bonne nouvelle pour l'industrie du ski»

«C’est une bonne nouvelle pour l’industrie du ski. Ça positionne à l’international la région de Québec comme une destination privilégiée pour les plaisirs de l’hiver».

Les stations touristiques, comme Le Relais, Stoneham, le Mont-Sainte-Anne et le Massif du Sud, ne voient pas d’un mauvais oeil l’arrivée d’un Club Med dans Charlevoix. Au contraire, certains joueurs espèrent même tirer profit du premier village de ski tout-inclus au pays de la chaîne française en développant des partenariats d’affaires ou en profitant indirectement de ce nouveau produit grâce à sa visibilité. 

Selon la direction du Groupe Le Massif, propriétaire du centre de ski, ce développement de 120 millions $, qui prévoit la construction d’un hôtel de 300 unités au pied de la montagne, entraînera 50 000 nouveaux visiteurs par an dans la région de Charlevoix. Et l’achalandage à l’aéroport de Québec devrait grimper de 6 %.

«Étant une station régionale, nous n’avons pas de crainte. Plus on parle de ski, mieux c’est pour tout le monde», indique au Soleil Mario Bourassa, directeur général du Relais. «Nous avons déjà une certaine collaboration avec Le Massif pour nos détenteurs de billets de saison. Est-ce qu’on pourrait aller plus loin? On reste ouvert à l’idée», poursuit-il.

À travers la province, on dénombre 74 stations de ski, selon des données de l’Association des Stations de ski du Québec. La saison 2016-2017 a enregistré plus de 6 millions de jours/ski, soit une hausse de l’achalandage annuel de 16 % par rapport à l’année précédente. Avec bientôt une destination Club Med en sol québécois, soit en 2020, ce nombre devrait continuer de croître au fil des ans, et ce, si Dame Nature coopère.

«Cela va être bénéfique pour l’ensemble des stations de la région. Cela signifie davantage de touristes. Peut-être que cela va permettre à l’aéroport de s’améliorer, notamment avoir plus de vols directs en provenance de l’Europe», note Alain Contant, président des Compagnies du Massif du Sud. «Nous avons un très beau produit et c’est une bonne chose que nos gouvernements s’impliquent, cela montre leur volonté à vouloir aider nos stations de ski», poursuit celui qui possède également des terrains dans le secteur de la municipalité de Petite-Rivière-Saint-François.

Du côté du propriétaire des stations de Stoneham et du Mont-Sainte-Anne, on refuse de dire si l’entreprise pourrait se repositionner en raison cette nouvelle offre touristique. 

«On va suivre le projet au fur et à mesure de son évolution. On va faire les évaluations nécessaires», confie la porte-parole Geneviève Clavet, précisant qu’il existe déjà des partenariats d’affaires entre le Mont-Sainte-Anne et le Massif. «Nos ententes se poursuivent. Est-ce qu’on va en développer de nouvelles? L’avenir nous le dira. [...] Lorsqu’on regarde ce projet, il n’y a que du bien. On souhaite que l’impact soit positif pour la grande région de Québec. Cela va permettre de faire connaître nos montagnes et d’attirer une nouvelle clientèle internationale», ajoute-t-elle.

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On en jase au Canada... mais moins ailleurs

L’annonce de l’ouverture en 2020 d’un Club Med au Massif de Charlevoix a connu un certain impact dans les magazines et sites spécialisés en voyages, sauf qu’à l’extérieur du Canada, peu de médias y ont fait écho.

Sur la Côte Est américaine, bassin potentiel de touristes pour la future attraction, aucun des principaux quotidiens n’a rapporté la nouvelle, que ce soit le New York Times ou le Boston Globe. En revanche, quelques journaux du Canada anglais, The Globe and Mail, le Toronto Star et le National Post, ont relayé l’information. Dans le secteur des Rocheuses, haut lieu du ski alpin au pays, The Province, The Daily Courier et The Winnipeg Free Press ont publié un bref texte.

Pour The Globe and Mail, «la compagnie basée à Paris [Club Med] — renommée depuis les années 70 par ses huttes de plage, ses buffets et ses activités de groupe menées par des G.O. [gentils organisateurs] — désirait mettre la main sur un morceau du lucratif marché du ski au Canada, pièce maîtresse du plan de renouvellement de ses activités internationales».

En France, le site du Figaro a fait état de l’investissement de 120 millions$ pour l’ouverture du premier village de vacances du Club Med au Canada, «au pied du plus haut dénivelé skiable de l’est» du pays. «Les promoteurs entendent stimuler le développement du tourisme dans l’axe compris entre la ville de Québec et le village de Tadoussac, haut lieu de l’observation des baleines dans l’est du Canada», écrit-on.

Clientèle étrangère

La publication Les Échos estime que Club Med vient de conclure «un projet stratégique au Québec» et, par le fait même, effectuer «une nouvelle avancée en matière d’internationalisation».

«Le futur [de Charlevoix] sera le premier du groupe permettant la pratique du ski en Amérique du Nord, ajoute-t-on. Pour mémoire, le Club Med a autrefois exploité jusqu’à deux sites dédiés à sa pratique dans le Colorado, mais les a fermés dans les années 2000 dans le cadre du repositionnement de son parc dans le haut de gamme.

«Le nouveau “resort”, qui sera ouvert toute l’année, aura de surcroît vocation à accueillir les clientèles canadiennes et étrangères. Ce dernier point vaut non seulement pour les Américains, mais aussi les Brésiliens, toujours plus nombreux dans les Club Med alpins (plus de 10 000 attendus au total cet hiver!), sans oublier les Européens, en particulier les Français.» Normand Provencher