Les amateurs et collectionneurs de vin sont de plus en plus nombreux à travers le Québec. Pour certains, leur cave à vin est l'oeuvre d'une vie et elle renferme de précieux trésors.

Une assurance qui couvre la valeur des caves à vin

Un Petrus 1982, vous connaissez? Achetée à la SAQ en 1985 pour la somme de 145 $, cette bouteille de vin vaut aujourd'hui 6850 $ sur le marché de la revente au Québec. Pour mettre la main sur un Tignanello 1990, acquis en 1993 pour moins de 40 $, les acheteurs doivent payer jusqu'à 262 $.
Les amateurs et collectionneurs de vin sont de plus en plus nombreux à travers le Québec. Pour certains, leur cave à vin est l'oeuvre d'une vie et elle renferme de précieux trésors. À titre d'exemple, celle du restaurant Le Coureur des bois, à Beloeil, l'une des plus importantes dans la province, vaut plus de 7 millions $.  
Voyant une opportunité d'affaires dans un marché florissant, Industrielle Alliance a dernièrement mis au monde Alfred Secure. Il s'agit d'une première assurance numérique offerte seulement aux particuliers - pour le moment - payant lors d'un sinistre la valeur actuelle des bouteilles de vin, par l'intermédiaire d'une application de gestion de cellier : Alfred/Celliers intelligents. Jusqu'à présent, la majorité des assureurs intégraient les celliers dans la couverture de l'assurance habitation du consommateur et celui-ci ne faisait l'objet d'aucune évaluation précise.
«C'est une couverture qui va protéger le vin contre le feu, le vol, le vandalisme, les dégâts d'eau, la dégradation causée par un bris d'équipement et même le bris accidentel de bouteilles», énumère au Soleil Alexandra Côté, vice-présidente expertise marketing chez Industrielle Alliance. «Pour offrir une protection juste, la valeur de la cave à vin est ajustée mensuellement avec [l'application] Alfred», ajoute-t-elle. Moyennant un surplus, les clients peuvent également se procurer une couverture pour le vin bouchonné.
Alfred Secure, qui est offert pour les petits et les grands celliers, est le premier-né de la nouvelle unité d'Industrielle Alliance, baptisée La Zone, et créée en janvier 2016. Cette dernière est chargée de développer des solutions innovantes dans le domaine de la finance et des assurances.
«Sommelier virtuel»
Pour le président de Celliers intelligents, l'objectif premier derrière l'application Alfred, qui a vu le jour en 2015, était de répertorier les bouteilles de vin pour «connaître la période optimale de dégustation, c'est-à-dire combien de temps on peut conserver la bouteille et quel est le meilleur moment pour la consommer», explique le président Guy Doucet. 
Par ailleurs, l'application permet aussi aux consommateurs de connaître la valeur marchande des produits sur le marché québécois. «Avec le temps, on s'est aperçu que les gens ne connaissent pas la valeur de leur cave à vin. Et souvent, l'actif avait pris de la valeur au cours des dernières années. C'est pourquoi il y avait un besoin pour avoir une assurance [qui couvre le liquide lui-même]», poursuit-il.
Alfred est un peu comme un «sommelier virtuel», illustre M. Doucet, lequel permet aussi d'acheter et de mettre en vente des bouteilles de vin. «Le système est lié avec la Société des alcools du Québec», précise-t-il.
Tous les vins vendus à la SAQ sont répertoriés sur Alfred. Pour l'aspect conseil, l'application, qui compte plus de 2000 abonnés et possède son équipe de sommeliers, se spécialise pour les vins de 25 $ et plus. «Ce sont habituellement des vins qui ont un potentiel de garde», note le président. «Alfred est la plus grande cave à vin virtuelle au monde; nous avons plus de 100 millions $ d'actif».
Pour être assuré à travers Alfred Secure, le client doit avant tout s'abonner à Alfred pour 9,95 $ par mois. Pour une cave à vin de moins de 5000 $, Industrielle Alliance charge 9,50 $ par mois.
Chez d'autres assureurs
D'autres entreprises comme SSQ Groupe financier et La Capitale offrent également des assurances pour les caves à vin. 
Pour SSQ, l'assurance pour le vin s'intègre aux contrats d'assurance habitation par une protection additionnelle, entre autres pour couvrir les bouteilles de plus de 1000 $ ou pour couvrir une cave à vin de plus de 10 000 $. 
Chez La Capitale, la protection pour les bouteilles de vin passe également par l'assurance habitation. «Il y a des protections de base sur un contrat qui comportent des limitations. Notre première protection, on parle de 100 $ de limite par bouteille jusqu'à un maximum de 5000 $. Pour une personne qui ne voudrait pas de limitation, il est possible d'opter pour la Sélection supérieure», affirme Pierre Duchesne, coordonnateur en assurance des particuliers. Lors d'un sinistre, «c'est au client de faire la preuve de sa perte», ajoute-t-il.