Le président de Coveo, Louis Têtu, précise que les investissements iront dans le développement du commerce électronique.

Un vent de 227 M$ dans les voiles de Coveo

Bien malin celui qui trouverait le moyen de freiner la croissance de Coveo. Un nouvel investissement majeur de 227 millions $ vient tout juste d’ajouter du vent dans les voiles de l’entreprise spécialisée en intelligence artificielle.

«C’est significatif», a commenté Louis Têtu, chef de la direction chez Coveo. C’est le fonds privé d’origine canadienne OMERS qui a mené l’investissement, signe que le marché du capital de risque est enfin devenu plus mature au pays. «Il y a 10 ans, il fallait aller aux États-Unis pour obtenir ce genre de capital», souligne M. Têtu.

Il y a un an, Coveo obtenait 100 millions $ de la part d’Evergreen Coast Capital. L’investisseur participe de nouveau à l’effort, tout comme d’autres partenaires de longue date comme le Fonds de solidarité FTQ et Investissement Québec. Après la clôture de la transaction, OMERS et les actionnaires existants auront une participation de 15,5 % dans Coveo.

Leader aux États-Unis 

La technologie de Coveo, dont le siège social se trouve sur le chemin des Quatre-Bourgeois, à Québec, «utilise l’intelligence artificielle et les données pour personnaliser les expériences numériques», explique Louis Têtu.

«On est le leader dans notre domaine aux États-Unis», précise-t-il, preuve à l’appui. La compagnie a été identifiée comme un leader dans le Gartner Magic Quadrant, un palmarès très important dans le milieu.

«Autrefois, on utilisait les données pour faire de la segmentation de marchés. On vous mettait dans une boîte, et on vous servait des offres en lien avec cette boîte. Aujourd’hui, avec des technologies comme celle de Coveo, si vous avez un million de clients, vous pouvez livrer un million d’expériences différentes. Tout est fait automatiquement par apprentissage machine», poursuit le chef de la direction.

Les nouveaux investissements iront notamment dans le développement de l’axe du commerce électronique. «Les compétiteurs sont de plus en plus gros, ils ont des moyens immenses. Ce que fait une entreprise comme Coveo, c’est démocratiser l’intelligence artificielle. Ça donne la possibilité à de plus petites entreprises de proposer une expérience client qui est devenue la norme avec les Amazon et Netflix», affirme Louis Têtu.

C’est bon pour les 94 % de clients internationaux que compte l’entreprise, mais aussi pour ceux d’ici, comme Bell, Brault & Martineau et Tanguay. «Il en va de la survie de ces entreprises», pense-t-il.

Créer de la richesse

Pour Louis Têtu, l’annonce de ce nouveau financement contribue à créer de la richesse ici, un cheval de bataille pour l’homme d’affaires. Si Coveo est maintenant présent à San Francisco et à Londres, la majorité de ses activités continue d’être menée à partir de Québec et de Montréal. La compagnie compte près de 500 employés en tout, donc 350 au Québec (225 à Québec et 150 à Montréal). «On prévoit embaucher près de 150 employés au Québec dans les douze prochains mois», précise le dirigeant.

Le chef de la direction de Coveo n’a pas voulu se prononcer précisément sur le sujet de la réforme de l’immigration de Legault. Cette dernière enlève un passage accéléré aux étudiants étrangers qui réalisent leurs études ici dans de nombreux domaines, dont l’informatique. La mesure a causé une levée de boucliers notamment auprès des entreprises spécialisées en intelligence artificielle, à Montréal.

Très critique des subventions gouvernementales accordées à des entreprises étrangères qui s’installent ici, Louis Têtu s’est limité à dire qu’«on vit des grands paradoxes». «Ce que je peux vous dire, c’est que pour numériser le Québec, il manque 30 000 personnes. Dans le domaine du numérique, on est en plein emploi depuis environ 8 ans. [...] Si on limite l’immigration dans le domaine des TI, je ne suis pas capable de comprendre ça», a-t-il soutenu.