Le traversier Alphonse-Desjardins

Un seul traversier en service entre Québec et Lévis depuis lundi

Un problème de nature électronique est à l’origine de la mise hors service d’un des traversiers qui effectuent la liaison entre Québec et Lévis.

Après le F.-A.-Gauthier qui assurait la liaison entre Matane et la Côte-Nord, c’est le Alphonse-Desjardins qui a été retiré des eaux lundi pour réparer un bris électronique sur le propulseur d’étrave qui sert à effectuer des manœuvres d’appareillage et d’accostage.

L’intermittence du problème a compliqué le travail des équipes de la Société des traversiers du Québec (STQ) qui ont été forcées de reproduire les conditions dans lesquelles le bris survenait pour l’identifier et trouver une solution.

La liaison entre les deux rives se fait donc à un seul traversier depuis le 24 décembre. Les départs de Lévis se font aux heures, tandis que ceux en partance de Québec ont lieu à la demie de chaque heure.

Maintenant la problématique identifiée, la STQ espère remettre son navire en service le plus tôt possible. «Le propulseur d’étrave sert à effectuer des manœuvres d’appareillage et d’accostage, mais on est capable de naviguer, de fonctionner, sans ce système-là. Donc, on essaie d’avoir la permission de pouvoir recommencer le service», explique la directrice des communications à la STQ, Julie Drolet.

C’est Transports Canada qui, par le biais d’inspecteurs d’une société de classification, va confirmer si le Alphonse-Desjardins peut recommencer à transporter des passagers.

Rappelons que la semaine dernière, le traversier F.-A.-Gauthier, construit en Italie au coût de 175 millions $ par le chantier naval Fincantieri, a éprouvé des bris mécaniques. Il a été retiré du service «pour une période indéterminée».

Renouveler la flotte

Tous deux construits en 1971, le Lomer-Gouin et le Alphonse-Desjardins sont sur le point d’arriver en fin de vie qui est généralement fixée à 60 ans. Or, certains se demandent s’il ne faudrait pas remplacer la flotte.

À ce sujet, bien qu’elle reconnaisse qu’«une panne, c’est une panne de trop», la STQ n’envisage pas cette option pour le moment. «À tous les 10 ans, on se pose les questions qui faut pour savoir est-ce qu’on consent des sommes à son entretien, à des réparations, à des modernisations», note Mme Drolet. «Ces navires ont eu une modernisation de mi-vie au début des années 2000. Donc oui, 47 ans c’est âgé, mais ils fonctionnent encore.»

Chose certaine, le chantier maritime Davie, à Lévis, ne cache pas son intérêt à participer au renouvellement de la flotte des traversiers effectuant la liaison entre Québec et Lévis si la STQ en venait à cette conclusion dans les prochaines années.

«C’est sûr qu’éventuellement lorsque la STQ signalera que finalement – que ce soit les navires pour Lévis-Québec ou pour d’autres des traversiers qu’ils ont – c’est sûr que nous autres on porte une attention particulière sur ces opportunités d’affaires», explique le vice-président des affaires publiques à la Davie, Frédéric Boisvert.

Toutefois, ce dernier demeure prudent. «La STQ a son propre plan de gestion», dit-il ne voulant pas s’immiscer dans la gestion du parc de navires de la Société. «Ce n’est pas à nous à vous dire si ces navires doivent être changés ou non, c’est à la STQ», poursuit M. Boisvert.

Il rappelle que le chantier maritime est près du gouvernement du Québec et qu’il aimerait faire partie de la solution si celui-ci choisissait de remplacer la flotte des traversiers entre Québec et Lévis.