Un robot pour dissuader de conduire «gelé»

Avez-vous fait la connaissance de Didi? Le gouvernement du Canada a prénommé ainsi ce robot, avec lequel on peut échanger sur la consommation de drogues à partir de Messenger, l’application de discussion développée par Facebook.

C’est la première fois que le ministère de la Sécurité publique se tourne vers cette technologie destinée à cibler les jeunes de 16 à 24 ans. 

L’initiative prend ancrage dans une vaste campagne de publicité lancée par Sécurité publique Canada, qui vise à décourager la conduite automobile avec les capacités affaiblies par les drogues. «Ne conduis pas gelé» a été lancée à la fin de 2017, alors que le gouvernement fédéral s’apprête à légaliser la marijuana partout au pays. 

En plus d’être très présente sur les médias sociaux Instagram, Snapchat et YouTube, l’opération de sensibilisation se déploie sur Facebook et Messenger. Sur l’app de discussion instantanée, le robot Didi peut faire de multiples choses. 

Tester les connaissances

Il ne suffit que de la saluer pour que la conversation débute. Le robot nous offre alors de tester nos connaissances sur la conduite avec les facultés affaiblies par la drogue, d’obtenir de l’aide ou même d’offrir un moyen de se déplacer en toute sécurité de notre position vers notre destination. 

C’est Cossette, une entreprise de communications de Québec, qui a recommandé au ministère fédéral de se tourner vers cette technologie qui permet de rejoindre plus facilement les jeunes. Le robot lui-même a été développé par une firme spécialisée dans l’intelligence artificielle, Heyday, en partenariat avec Banfield Communications.

Du côté de Sécurité publique Canada, on ne possède pas encore de données sur l’utilisation de la boîte de discussion sur Messenger. Les premiers chiffres devraient être analysés d’ici la fin février.

«C’était une façon d’être unique et novateur» pour le gouvernement, a commenté Colette Cibula, directrice marketing à Sécurité publique Canada. Si l’expérience avec Didi s’avère positive, le ministère n’écarte pas l’idée de rendre Didi plus polyvalente encore.

«C’est un bon match pour le gouvernement d’utiliser cette manière de communiquer avec les jeunes pour une campagne publicitaire comme celle-là. Les jeunes continuent d’être le plus grand groupe de conducteurs qui meurent après une collision et qui obtiennent des résultats positifs de drogue. C’est important pour nous de communiquer avec eux pour leur dire de ne pas conduire après avoir pris de la drogue ou de ne pas monter dans une auto avec quelqu’un qui a consommé», a justifié Mme Cibula.