IPL a vu le jour en 1939 à Saint-Damien

Un retour à la Bourse de Toronto pour IPL

IPL prépare un retour en force à la Bourse de Toronto.

Le fabricant de produits de plastique moulés par injection qui a vu le jour en 1939 à Saint-Damien, dans la région de Bellechasse, a fait appel à BMO Marché des capitaux, à la Banque Canadienne Impériale de Commerce et à la Banque Royale du Canada pour préparer une introduction en bourse au cours du printemps.

La mission des financiers est de rassembler 200 millions $, a appris Le Soleil.

Alors propriété des frères Julien, Clément et Rémi Métivier, la compagnie IPL avait été inscrite à la Bourse de Toronto pendant un quart de siècle. En septembre 2010, elle était vendue pour la somme 94,2 millions $ au fonds de capital de risque québécois Novacap et au Fonds de solidarité FTQ. IPL devenait alors une société privée.

Cinq ans plus tard, l’entreprise était vendue à la société irlandaise One51, un groupe spécialisé dans les secteurs des services environnementaux, de l’énergie renouvelable et des matières plastiques spécialisées.

La Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité FTQ et Investissement Québec avaient participé à cette transaction de l’ordre de 280 millions $. Au terme de cette dernière, One51 détenait une participation de 67 % dans IPL, celle de la Caisse de dépôt et placement était de 22 % et celle du Fonds de solidarité FTQ de 11 %.

One51 devient IPL Plastics

Le portrait a changé, il y a quelques mois, alors que le plus important actionnaire de One51 a vendu ses parts à la Caisse de dépôt et placement qui détient maintenant 34 % des actions de la compagnie qui porte, depuis février dernier, le nom d’IPL Plastics. L’investisseur institutionnel québécois est dorénavant le plus important actionnaire de l’entreprise qui, dans un mouvement de restructuration, a choisi de mettre tous ses oeufs dans un seul panier, celui des produits de plastique moulés par injection, notamment des bacs et des produits d’emballage. En effet, IPL Plastics a vendu ses actifs dans le secteur des services environnementaux.

Au début du mois, IPL Pastics publiait ses résultats annuels. Hausse de 36 % des ventes qui se chiffrent à 588 millions $US. Hausse de 9,3 % des profits qui atteignent 21,8 millions $US. Dans le seul secteur des plastiques, les ventes ont bondi de 56 %.

Cette croissance, IPL Plastics veut l’accélérer et fait le pari qu’elle aura les moyens de ses ambitions grâce à une introduction en bourse qui lui procurerait 200 millions $ de capital additionnel. Des billets verts pour réaliser, entre autres, de nouvelles acquisitions.

Il y a quelques années, l’entreprise avait tenté le coup double: joindre la Bourse de Toronto et celle de l’Irish Stock Exchange, ont rapporté les médias irlandais qui suivent de près les péripéties de l’entreprise. En effet, derrière IPL Plastics, il y a 2000 petits actionnaires. À l’origine, One51 était une coopérative formée par des agriculteurs.

L’opposition d’un important investisseur — celui-là même qui a vendu ses actions à la Caisse de dépôt et placement — avait fait dérailler le projet.

Une source a confié au Soleil que l’entreprise évaluait qu’elle pouvait maintenant aller chercher une valeur plus grande sur le marché boursier canadien qu’européen. D’ailleurs, 75 % de ses revenus proviennent de l’Amérique du Nord.

Siège social à Montréal ?

Un retour à la Bourse de Toronto obligerait IPL Plastics à implanter son siège social au Canada. Probablement à Montréal. Elle maintiendrait une tête de pont en Irlande.

IPL Plastics possède aujourd’hui 11 installations au Canada et aux États-Unis et compte plus 1280 employés.

Coup sur coup, en novembre 2016 puis en mai 2017, la compagnie a fait deux acquisitions en sol américain. Des transactions totalisant plus de 210 millions $.

L’entreprise a également investi 100 millions $ au cours des deux dernières années pour moderniser et accroître la capacité de production de ses usines.
Tout cela pour consolider son marché en Amérique du Nord et améliorer son positionnement en Europe.