Le premier ministre Philippe Couillard et quelques-uns de ses ministres, dont François Blais, étaient présent à l'ouverture du Rendez-vous national sur la main-d'oeuvre, jeudi au Centre des congrès de Québec.

Un Rendez-vous pour mettre la table

Ils sont près d'une centaine d'hommes et de femmes réunis autour d'une immense table au Centre des congrès de Québec.
Parmi eux, le premier ministre Philippe Couillard. Quelques-uns de ses ministres - François Blais, Hélène David, Dominique Vien, Dominique Anglade, Carlos Leitão, Sébastien Proulx et Kathleen Weil - l'accompagnent.
Aussi présents, des représentants du patronat, des syndicats, du monde de l'éducation, du milieu communautaire, des communautés autochtones, des organismes de soutien au développement économique et local et des hauts fonctionnaires.
Pas l'ombre de la présence, par contre, des artisans du monde des arts et de la culture.
Leur mission : résoudre l'énigme de la disponibilité de main-d'oeuvre sur le territoire québécois dans un contexte de déclin démographique, disons-le, alarmant. La Belle Province aura tout près de 1,3 million de postes à pourvoir d'ici 2024 et, selon les prévisions, il n'y aura pas suffisamment de bras et de cerveaux pour suffire à la demande.
Le Rendez-vous national sur la main-d'oeuvre a débuté, jeudi, dans la capitale. La première journée a permis de mettre la table.
Tour à tour, les participants ont abordé le thème de la prospérité économique et des enjeux de disponibilité de main-d'oeuvre.
Aujourd'hui, ils parleront de qualité de vie au travail, d'attraction et de rétention de la main-d'oeuvre et de développement des compétences, et ce, dans l'espoir d'en arriver à un plan d'action structuré.
Évidemment, personne ne doute de l'ampleur du défi qui attend le Québec au cours des prochaines années.
En ce début d'exercice, chacun des participants tenait, cependant, à exposer ses priorités.
Plusieurs, notamment dans le cas des patrons, ont insisté sur l'urgence de mettre en place une stratégie nationale de la main-d'oeuvre. Le pdg du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval, rappelait que 70 % des employeurs éprouvent des maux de tête quand vient le temps de pourvoir un emploi.
D'autres, les syndicats surtout, ont rappelé qu'il faudra toujours avoir en tête l'obligation de fournir des emplois de qualité aux employés et de maintenir un «dialogue social» entre les travailleurs, les patrons et le gouvernement dans le cadre des interventions à venir pour répondre aux défis associés à la transformation du monde du travail.
La valorisation de la formation professionnelle, le soutien de l'emploi en région et la rigidité des mesures gouvernementales en matière de main-d'oeuvre sont autant de «vieux» dossiers qui ont été ramenés sur le tapis.
Pour sa part, la présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Louise Chabot, a soulevé l'importance de «trouver un équilibre» entre la formation générale offerte aux jeunes dans les écoles et celle adaptée aux besoins spécifiques des entreprises. 
Des participants ont aussi soulevé le fait que malgré tous les outils mis à leur disposition, ils n'arrivaient pas à identifier les carrières et les professions les plus menacées par les bouleversements du marché du travail. Prenant la balle au bond, le pdg de Manufacturiers et Exportateurs du Québec, Éric Tétreault, a proposé la création d'un comité dont la mission serait justement de mieux outiller les partenaires du marché du travail à ce sujet.
La démographie, un défi «pressant»
Se réjouissant du fait que la question de la main-d'oeuvre réunissait autant d'acteurs socioéconomiques autour d'une même table, Philippe Couillard a rappelé que derrière la bonne performance de l'emploi au Québec - le taux d'emploi des 16 à 64 ans n'a jamais été aussi élevé - se cachait de nombreux défis et que le «plus pressant» était celui de la baisse démographique.
«Ce défi, on l'a plus souvent qu'autrement abordé sous l'angle des soins de santé. Ce n'est que tout récemment que l'on a commencé à mettre le doigt sur l'enjeu économique associé aux changements démographiques.»
Selon M. Couillard, il faut s'assurer que quiconque veut réussir dans son domaine puisse y arriver. «Comment? En investissant en éducation et en formation professionnelle. C'est notre priorité.»
En affirmant «que l'on ne pouvait accepter que le Québec se prive d'un seul travailleur», il a martelé qu'il faudra en arriver, un jour, à reconnaître la formation et les compétences des nouveaux arrivants qui viennent s'installer chez nous.