Le village récréotouristique, baptisé le Domaine Escapad, comprend «230 mini-chalets, 158 chalets, 63 condominiums et 93 emplacements pour des véhicules récréatifs».

Un projet de 75 M$ au pied du mont Adstock

Un important développement immobilier, incluant la construction de chalets, de condos et l’aménagement d’espaces pour véhicules récréatifs, d’une valeur d’environ 75 millions $ est dans les cartons pour un terrain situé au pied du mont Adstock, dans la région de la Chaudière-Appalaches.

«Si tout va bien, on souhaite démarrer la construction cet automne. Nous avons déjà les dessins pour les mini-chalets et les chalets», indique au Soleil l’un des promoteurs derrière ce projet de centre de villégiature, Doris Beaulieu. «C’est un investissement important pour la région qui va faire travailler plusieurs personnes. C’est un endroit où il y a déjà des activités. Les gens vont pouvoir sortir de leur chalet avec leurs raquettes, leurs skis ou, l’été, avec leurs bâtons de golf», fait-il valoir.

Au total, M. Beaulieu et ses associés souhaitent ériger sur le terrain situé au 120, route du Mont Adstock, un village récréotouristique, baptisé le Domaine Escapad, comprenant «230 mini-chalets, 158 chalets, 63 condominiums et 93 emplacements pour des véhicules récréatifs». 

La facture pour cette étape du chantier devrait être de 40 millions $.  

«Il va y avoir de l’achat et de la location d’habitation. Pour les condos, il s’agit de triplex attachés pour former un établissement. Il va y en avoir sept», explique M. Beaulieu. 

Dans les plans des hommes d’affaires pour le site situé à proximité du Club de golf du mont Adstock, on retrouve aussi la construction d’un chalet d’accueil quatre saisons. 

L’investissement pour ce bâtiment devrait osciller aux alentours de 6,3 millions $. C’est toutefois la municipalité qui devra sortir son chéquier.

«Le chalet est désuet d’une cinquantaine d’années», confirme le maire d’Adstock, Pascal Binet.

Le montage financier inclut aussi la facture pour l’aménagement de nouvelles infrastructures publiques (13,3 millions $) ainsi que les frais pour réaliser différentes études et tests de sol (6,95 millions $). Les responsables estiment que toutes les phases du développement devraient être complétées d’ici cinq ans. 

Financement public?

Au cours des derniers jours, les promoteurs ont renouvelé leur inscription au registre des lobbyistes. 

Dans les documents initiaux de 2017, ils souhaitaient obtenir plusieurs modifications au zonage et au Schéma d’aménagement et de développement auprès de la municipalité d’Adstock et de la MRC des Appalaches. 

Ils devaient aussi obtenir le certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement.

«Aujourd’hui, c’est presque tout complété. C’est un projet vert où la nature est très importante. On conserve les arbres», assure Doris Beaulieu. «Nous sommes à réaliser les plans. Nous avons aussi effectué au cours des dernières semaines plusieurs forages pour savoir s’il y avait de l’eau. Il nous reste à obtenir l’autorisation finale du ministère de l’Environnement, mais cela s’annonce très bien», poursuit-il.

Dans le dernier mandat publié au Registre des lobbyistes, valide jusqu’au 31 octobre prochain, on peut toutefois lire que pour réaliser ce développement immobilier, les responsables avaient l’intention de cogner aux portes de Québec. 

Ils demandaient, entre autres, 6 millions $ sous forme de prêt au ministère de l’Économie et une subvention de 2 millions $ provenant du Fonds de diversification économique de la MRC des Appalaches.

Ils souhaitaient aussi obtenir un coup de pouce de 2 millions $ à même le Programme de soutien aux stratégies de développement touristique du ministère du Tourisme, un prêt de 3 millions $ d’Investissement Québec ainsi qu’une subvention de 3 millions $ à même le Programme d’appui au développement d’attraits touristiques (PADAT). Ce qui portait la demande à 16 millions $.

«Il s’agit de la présentation que nous avions faite au début. Là, nous avons abandonné nos demandes. Nous ne demandons pas de subvention pour le domaine Escapad (40 millions $). C’est plutôt du côté de la municipalité», répond M. Beaulieu, qui n’écarte pas la possibilité d’acheter le Club de golf du mont Adstock. Il a d’ailleurs eu des discussions à ce sujet avec les propriétaires, mardi.

Travaux de la municipalité

Du côté de la Ville d’Adstock, on confirme qu’un soutien financier des gouvernements sera nécessaire pour assurer la réalisation du projet. Le maire Pascal Binet rappelle qu’en lien avec ce chantier, plusieurs investissements seront aussi réalisés pour améliorer les installations du centre de ski.

M. Binet chiffre à environ 12 M$ l’ensemble des travaux que devra réaliser la municipalité, notamment pour la construction du centre multifonctionnel servant pour l’accueil et pour le prolongement de 2,5 km de la route du Mont Adstock. Il estime qu’il peut éponger le tiers de cette facture.

«Le temps presse pour obtenir de l’aide des gouvernements. Nous sommes en attente, mais on ne veut pas perdre une autre année ou même les promoteurs. La construction du chalet et de la route sont des conditions pour la réalisation du projet. Il nous faut de l’aide. Les retombées économiques seront majeures pour la région», conclut-il.