Un premier café Starbucks syndiqué au Québec

Après un mois de démarches, les employés du café Starbucks du 1200, avenue de Germain-des-Prés ont déposé ce matin leur demande d'accréditation syndicale auprès de la Commission des relations de travail.
La Commission devra mener une courte enquête au cours des prochains jours pour s'assurer que les employés du café ont signé leur carte du syndicat en l'absence de toute contrainte et qu'ils ont acquitté leur droit d'adhésion. Par la suite, la syndicalisation sera en vigueur, a confié au <I>Soleil<$> Simon Gosselin, un employé du café, à la tête du mouvement de syndicalisation. «Dès que ce sera fait, le Syndicat des travailleurs et travailleuses de Starbucks sera autorisé et nous pourrons négocier une convention collective avec l'employeur.»
«Il y a environ un mois que le projet est sur la table. L'enjeu majeur était que l'employeur voulait nous obliger à travailler un minimum de 24 heures chaque semaine, sinon nous aurions été rétrogradés, avec perte de salaire. On aurait même pu perdre notre emploi. Or, nous sommes tous des étudiants et c'était impossible pour nous de travailler un minimum de 24 heures par semaine avec nos cours», continue Simon Gosselin.
L'obligation imposée par l'employeur de demeurer sur les lieux de travail durant les pauses café non payées était un autre irritant qui a incité les employés à vouloir se syndiquer. «Sur ce point, l'employeur enfreint la Loi sur les normes du travail.»
«Le fait d'être syndiqués nous permettra de négocier de façon solidaire avec l'employeur au lieu de n'être que des individus dont le seul recours était de démissionner en cas de désaccord», poursuit Simon Gosselin.
La question salariale ne serait pas au coeur de la démarche des employés de Starbucks. «On verra en temps et lieu car on est moins bien payés que chez McDonald's.»
«On s'attend à une réponse de la part de l'employeur, peut-être à des représailles. Mais à l'heure actuelle on a tous payé nos cotisations et on est tous syndiqués.»
Étant donné les faibles salaires des travailleurs, la Confédération des syndicats nationaux et la Fédération des travailleurs du Québec auraient refusé d'intégrer le nouveau syndicat, qui s'est finalement tourné vers l'Industrial Workers of the World (IWW).
Le Soleil a tenté en vain d'obtenir les réactions de la partie patronale. Celle-ci nous a renvoyé au siège social de Starbucks, à Seattle, où nous avons abouti dans une boîte vocale.