Depuis 2007, la Fromagerie Bergeron a produit près de 1,4 milliard de portions triangulaires du fromage La Vache qui rit.

Un partenariat qui sourit depuis 10 ans à La Vache qui rit

Alors que le Canada s’apprête à ouvrir ses portes aux fromages européens sur un fond d’incertitude, la Fromagerie Bergeron soulignait vendredi les 10 ans d’un partenariat avec le groupe français Bel pour produire le fromage La Vache qui rit pour tout le Canada.

«Avoir un partenariat, c’est une chose, le faire durer c’est une autre histoire,» soulignait Mario Bergeron, copropriétaire de l’entreprise familiale établi sur la Rive-Sud Québec, avec son frère Roger. Si le partenariat tient toujours, «c’est à cause de valeurs communes que nous partageons».

Et le partenariat se poursuivra, affirme Catherine Thomas, présidente de Fromagerie Bel Canada, division du Groupe Bel. «C’est un partenariat exemplaire», soulignait-elle en rappelant que le fromager français exportait La Vache qui rit au Québec depuis le milieu des années 1950.

Question de quotas pour les produits étrangers, l’entreprise Bel a choisi en 2007 de faire fabriquer au Canada son formage fondu en triangle au Canada en cherchant un partenaire comme cela avait été fait auparavant aux États-Unis.

«C’était tout un pari de débarquer au Québec, ajoute-t-elle, mais un pari qui a porté fruit. Nous avons investi des dizaines de millions en technologie et en équipement pour la fabrication de ce fromage avec nos recettes. Nous savions que nous aurions accès à une filière laitière importante et nous pouvions répondre aux attentes des consommateurs.»

Elle en veut pour preuve que 20 % des consommateurs canadiens ont adopté La Vache qui rit. Au Québec, la pénétration du marché touche le tiers des foyers et des amateurs de fromage.

Pour le ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard, ce partenariat montre une belle ouverture avec le marché européen et une belle opportunité dans le respect des règles de la gestion de l’offre qui garantit une fiabilité d’approvisionnement. Pour le ministre, il y a encore de la place sur le marché si le Groupe Bel veut produire d’autre fromage dans le même esprit de partenariat pour desservir le marché canadien.

Selon le directeur de la fromagerie installée à Saint-Antoine-de-Tilly et à Saint-Nicolas, Roger Bergeron, les relations avec le Groupe Bel ont toujours été respectueuses, ce qui permet au partenariat de durer encore. La part de la production de La Vache qui rit a été une belle diversification dans les opérations de l’entreprise à cause de l’ouverture et des attitudes du groupe français.

Si M. Bergeron montre certains signes d’inquiétude quant à l’arrivée des fromages européens, il montre une bonne assurance pour les produits de sa fromagerie qui remportent des prix depuis plusieurs années.

Mario Bergeron, Roger Bergeron et Christine Thomas

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Neuf tonnes de fromage par jour

Depuis 2007, la Fromagerie Bergeron a produit près de 1,4 milliard de portions triangulaires du fromage La Vache qui rit. En 10 ans, l’usine a réussi à quadrupler sa capacité de production pour distribuer le fromage de l’Atlantique au Pacifique.

L’usine de Saint-Nicolas produit entre 100 et 140 recettes de ce fromage chaque jour. Ce qui représente environ 9 tonnes de fromage quotidiennement.

Tous les produits entrant dans les recettes sont analysés par le laboratoire et retenus pendant 7 jours avant d’entrer dans la chaine de production. Les ingrédients seront fondus et transportés par la tuyauterie jusqu’aux appareils de remplissage des barquettes triangulaires.

Le produit passera par différents contrôles de qualité chaque heure, en plus d’être goûté par des goûteurs chaque jour.

Lorsque le produit fini sort de la ligne de production, il passera par le laboratoire pour d’autres tests avant de passer 7 jours dans les réfrigérateurs avant d’être distribué.

Différents éléments de l’étiquetage permettent une traçabilité de chaque lot selon le type de production, le jour et l’heure.

Selon Pascal Bolduc qui dirigeait la visite guidée de l’usine, à cause des tests de qualité et des arrêts nécessaires pour le nettoyage, les pertes sont d’environ 2 %.

L’usine transforme quelque 26 millions de litres de lait par année. La Fromagerie Bergeron emploie plus de 180 personnes dans ses installations de Saint-Antoine-de-Tilly et de Saint-Nicolas. 

Le Groupe Bel est numéro 3 mondial des Fromages de marque. En 2016, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 2,9 milliards d’euros dans 130 pays. Il emploie 12 000 personnes pour fournir des fromages à près de 400 millions de consommateurs dans le monde.