Le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR) demande au gouvernement fédéral de mieux protéger les travailleurs étrangers temporaires pour qu’ils ne soient pas confrontés à des frais de recrutement et qu’ils ne sombrent pas dans le trafic humain.

Un organisme s’inquiète du traitement des travailleurs étrangers temporaires

OTTAWA — Le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR) demande au gouvernement fédéral de mieux protéger les travailleurs étrangers temporaires pour qu’ils ne soient pas confrontés à des frais de recrutement et qu’ils ne sombrent pas dans le trafic humain.

L’organisme sans but lucratif, qui défend les droits des réfugiés et des migrants vulnérables, affirme que certains travailleurs saisonniers sont recrutés à distance pour combler des emplois faiblement rémunérés et doivent payer parfois jusqu’à 40 000 $ à des agents de placement.

Il est illégal d’exiger des frais de placement ou de recrutement à des employés temporaires, mais cela arrive quand même, selon Janet Dench, directrice principale de l’organisme.

Souvent, les coupables sont des chasseurs de têtes étrangers ou des agents embauchés par des entreprises canadiennes pour trouver des travailleurs à l’étranger.

Certains migrants arrivent au pays et doivent déjà de l’argent à leurs recruteurs, ce qui les expose à des abus et les rend vulnérables au trafic humain.

Le CCR a dévoilé une série de notes qui mesurent la performance des provinces et du gouvernement fédéral lorsqu’il est question de protection des travailleurs migrants.

Bien qu’il y ait eu des améliorations dans la foulée d’une enquête du vérificateur général sur le Programme des travailleurs étrangers temporaires l’an dernier, Janet Dench souligne que le gouvernement fédéral n’a pas obtenu une haute note.

Le ministère fédéral qui supervise le programme fédéral indique pour sa part que le recrutement tombe sous la responsabilité des provinces, dont plusieurs auraient agi pour lutter contre l’exploitation des travailleurs migrants.

Ottawa a investi 15 millions $ sur trois ans pour mener des inspections aléatoires sur des lieux de travail qui emploient des travailleurs temporaires.

Le CCR s’oppose à ce que les entreprises dépendent des travailleurs étrangers temporaires pour pourvoir des postes à faible salaire. Mais dans les cas où cela arrive, le gouvernement devrait en faire davantage pour s’assurer que les employés soient protégés, selon Mme Dench.

«Nous reconnaissons que (le gouvernement) en a fait davantage en matière d’application de la loi, c’est bien sûr apprécié, mais nous devrions avoir beaucoup plus», a-t-elle soutenu.