Sévrine Labelle, présidente-directrice générale de Femmessor, a révélé qu’après cinq ans, 78 % des entreprises que son organisme avait financées et accompagnées étaient toujours en activité. Au Québec, ce taux de survie est en bas de 65 %.
Sévrine Labelle, présidente-directrice générale de Femmessor, a révélé qu’après cinq ans, 78 % des entreprises que son organisme avait financées et accompagnées étaient toujours en activité. Au Québec, ce taux de survie est en bas de 65 %.

Un nouvel outil de Femmessor pour mieux accompagner les entrepreneures

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Dédiée au développement de l’entreprenariat féminin au Québec, Femmessor peut dorénavant compter sur un nouvel outil virtuel interactif afin d’accompagner les entrepreneures. Celui-ci permet de dresser un diagnostic clair des compétences de l’utilisatrice qui se verra par la suite proposer un plan d’accompagnement sur mesure adapté à ses besoins.

«On ne parlera jamais assez l’importance de l’accompagnement dans un parcours entrepreneurial», a expliqué Sévrine Labelle, présidente-directrice générale de Femmessor. «Et il y a une statistique que j’aime beaucoup à ce sujet. Après cinq ans, 78 % des entreprises que nous avons financées et accompagnées sont toujours en activités. Au Québec, ce taux de survie est en bas de 65 %. L’accompagnement et tous les outils qui nous permettent de l’encadrer ont donc une influence directe sur le taux de survie de nos entreprises.»

C’est en collaboration avec l’École des entrepreneurs du Québec que Femmesssor a développé son nouvel outil. Les deux organismes y ont travaillé pendant un an. Il a ensuite été testé au printemps avant d’être officiellement lancé la semaine dernière. Et il a été apprécié, tant par les entrepreneures que par les membres de l’équipe d’accompagnement de Femmessor qui se sont senties bien soutenues pour faire leur travail adéquatement.

«L’accompagnement que l’on offre est vraiment ce qui nous distingue dans le marché des prêteurs. On souhaitait améliorer nos plans d’accompagnement pour qu’ils soient vraiment personnalisés. Plutôt que chaque conseillère ou directrice soit laissée à elle même en utilisant une grille d’entrevue un peu standard, on s’est dit pourquoi ne pas développer un outil interactif avec l’entrepreneure qui l’amènerait à réfléchir sur elle-même.»

Questionnaire en ligne

C’est en ligne que les gestionnaires doivent répondre à questionnaire. Leurs réponses permettent d’établir un diagnostic et de voir clairement où est rendue l’entreprise dans son stade de croissance, quelles sont les forces de l’entrepreneure et les points qu’elle doit améliorer en fonction de ses prochains objectifs à atteindre en terme de croissance d’entreprise, etc.

«Ce portrait permet à l’entrepreneure de savoir sur quoi elle devra travailler dans la prochaine année ou même dans les deux prochaines. Il aide aussi la personne qui l’accompagne à lui proposer des ressources et des experts pour l’appuyer dans les domaines qu’elle doit améliorer et développer.»

Mme Labelle a cependant été claire, on ne demandera pas à une entrepreneure de développer toutes ses compétences. Elle a ajouté que le diagnostic pouvait cependant mener sur de belles discussions lors desquelles une entrepreneure pourrait, par exemple, avouer ne pas être intéressée par la comptabilité.

«Et elle pourrait réaliser qu’elle est rendue à une étape où elle doit se faire accompagner par un comptable à qui elle déléguera une partie de son travail. Notre accompagnement ne servira pas uniquement à aider une entrepreneure à développer elle même ses compétences, mais aussi à faire en sorte qu’elle soit bien entourée. Nous pouvons d’ailleurs compter sur 150 experts et expertes à travers notre réseau pouvant aider les entrepreneures au niveau fiscal, légal, etc.»

Offert à toutes les entrepreneures

Femmessor devait offrir son nouvel outil d’accompagnement uniquement aux entrepreneures qu’elle avait financées, l’organisme voulant ainsi s’assurer de leur donner toutes les chances de réussir. Un soutien financier supplémentaire du gouvernement fédéral en raison de la COVID-19 permettra cependant à Femmessor d’aider 150 autres entrepreneures de relancer leur entreprise en cette période difficile sur le plan économique. Elles s’ajouteront à la centaine d’entrepreneures que Femmessor devrait financer lors de la prochaine année.

«Peut-être que si le temps nous le permet, on pourra étendre notre outil à notre clientèle déjà en place qui a déjà un plan d’accompagnement, mais qui fut réalisé avec une grille d’entrevue standard. Il n’est jamais trop tard pour faire un bon diagnostic. Ce qui serait intéressant, ça serait de refaire un diagnostic à l’an trois et à l’an cinq afin de voir l’évolution d’une entreprise. Ça nous permettrait aussi de mesurer notre impact.»

Le nouvel outil de Femmessor vient à peine d’être lancé que déjà, il est en mode bonification. Mme Labelle a indiqué qu’elle souhaiterait amener le diagnostic encore plus loin.

«On est déjà en train de réfléchir comment on pourrait améliorer notre outil. On pourrait, par exemple, rendre le processus encore plus efficace tout en faisant qu’il soit le plus simple et convivial possible pour les entrepreneures. Éventuellement, on pourrait même pousser plus loin au niveau de l’intelligence artificielle et de l’automatisation.»