L’objectif est de faire construire le nouveau brise-glace le plus rapidement possible, car le Diefenbaker doit remplacer le Louis St-Laurent (photo), en service depuis 1969, mais qui serait toujours en bonne condition, assure la Garde côtière.

Un gros contrat à la portée de Davie

OTTAWA — Le gouvernement fédéral demande aux chantiers navals canadiens, dont la Davie, de plaider leur cause pour la construction du gros brise-glace qui manque toujours à la flotte de la Garde côtière canadienne.

Le sort de ce prochain brise-glace lourd, que le gouvernement de Stephen Harper avait baptisé déjà John G. Diefenbaker, ex-premier ministre conservateur, demeure incertain depuis que le gouvernement libéral a discrètement retiré, en mai dernier, le projet de 1,3 milliard $ du carnet de commandes du chantier naval Seaspan, de Vancouver.

Le navire avait été promis pour la première fois par le gouvernement Harper il y a plus de dix ans. Sa disparition soudaine de la liste des achats a suscité des questions et des spéculations en haut lieu à Ottawa — on se demandait même si le contrat n’avait pas tout simplement été abandonné.

Selon la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Anita Anand, l’objectif est de faire construire le nouveau brise-glace le plus rapidement possible, car le Diefenbaker doit remplacer le Louis St-Laurent, en service depuis 1969, mais qui serait toujours en bonne condition, assure la Garde côtière. Or, le Diefenbaker, dont le budget de 1,3 milliard $ est à l’étude, devait remplacer le St-Laurent en 2017.

«Aujourd’hui, le gouvernement du Canada a publié une demande de renseignements pour solliciter, auprès de tous les chantiers navals canadiens, de l’information sur leur capacité de construire et de livrer un brise-glace de classe polaire», indique le ministère de l’Approvisionnement dans un communiqué.

«Il s’agit de procédures d’approvisionnement standard et les renseignements recueillis aideront le gouvernement à déterminer la meilleure façon de procéder pour que le brise-glace soit livré de la manière la plus efficace et la plus rapide possible.»

Davie, Seaspan et Irving

Les chantiers navals ont deux semaines pour manifester leur intérêt et démontrer leur capacité de construire et de livrer ce brise-glace. «Vu l’importance des services de déglaçage et de la complexité de cette construction, nous étudions toutes les possibilités envisageables pour faire en sorte que le navire soit livré le plus rapidement possible», a indiqué la ministre Anand.

Cette demande de renseignements devrait déclencher une nouvelle vague de lobbying acharné de la part des trois principaux chantiers navals du Canada : Seaspan, Irving, de Halifax, et Davie, de Lévis. Les trois chantiers sont de redoutables rivaux et n’ont épargné aucun effort au cours de la dernière décennie pour décrocher les précieux contrats du gouvernement fédéral.

Seaspan avait été choisie en 2011 pour construire le Diefenbaker dans le cadre d’une commande plus importante qui comprenait également quatre navires scientifiques pour la Garde côtière et deux navires d’approvisionnement pour la Marine. Le Diefenbaker a toutefois été retiré de ce carnet de commandes pour être remplacé en mai dernier par 16 petits navires polyvalents pour la Garde côtière.

C’est le Chantier Davie qui devrait être le principal rival de Seaspan. Ottawa a annoncé en décembre que le chantier québécois était le seul à se qualifier pour s’ajouter aux deux autres chantiers à la Stratégie de construction navale de plusieurs milliards de dollars du Canada. Dans le cadre de cette stratégie, le gouvernement fédéral fait construire déjà de nouveaux navires de guerre, des patrouilleurs pour l’Arctique et des navires scientifiques pour la Garde côtière.

Bien que cette invitation permette maintenant à la Davie de décrocher des milliards de dollars de travaux fédéraux pour la construction de six brise-glaces moyens, le chantier de Lévis a également déjà fait du lobbying pour le gros Diefenbaker.