Jean-Philippe Fortin et Élise Avard-Bernier ont mis sur pied viedeparents.ca. Le couple s’était vite rendu compte qu’il était difficile de s’y retrouver dans «la jungle de l’information parentale du Web».

Un «Google pour les familles» créé à Québec

Les bobos, les dodos, l’école, alouette! Les parents ont des milliers de petites et de grandes questions. Et qu’est-ce qu’on fait en général? On tape notre phrase sur Google et on espère obtenir une réponse sensée! Le nouveau site Vie de parents veut devenir le «Google des familles», soit la référence quand les parents recherchent des informations fiables ou des spécialistes.

Viedeparents.ca est né d’un besoin de deux parents, Élise Avard-Bernier, 33 ans, et Jean-Philippe Fortin, 38 ans. Ils se sont vite rendu compte qu’il était difficile de s’y retrouver dans «la jungle de l’information parentale du Web», surtout que leurs enfants ont eu besoin de «rencontrer des spécialistes pour des problématiques diverses», explique Mme Avard-Bernier.

Il y avait beaucoup d’information, mais les sources n’étaient pas toujours crédibles.

«Ça me fait gricher des dents de voir que les parents prennent pour acquis les réponses qu’ils reçoivent sans savoir de qui ça vient. Je trouve que c’est un danger», fait valoir la maman et femme d’affaires. D’autres sites, comme Naître et grandir, sont «irréprochables» en termes de contenu, mais ne permettent pas d’obtenir des références de spécialistes, explique-t-elle.

L’idée c’est d’avoir tout à un seul endroit, sans devoir passer d’un site à un autre, ajoute-t-elle.

C’est l’outil que les deux entrepreneurs auraient aimé avoir à portée de main dans leurs recherches.

Vie de parents cherche à informer les parents, à leur recommander des spécialistes et à les divertir, le tout sur un même site.

«On a créé une plateforme sur laquelle il n’y a pas de forum, pas de chat, c’est vraiment des informations validées, avec des spécialistes, des professionnels. […] Ne faites pas de l’autodiagnostic entre amis, à vous stresser sur des chats, il y a tellement de professionnels qui vont pouvoir vous aider rapidement, à la limite juste vous rassurer», dit-elle.

On peut faire des recherches par mots-clés ou encore naviguer par catégories. Le site s’adresse autant à ceux qui veulent devenir parents, qui le seront bientôt, ou qui ont déjà des rejetons, petits ou grands.

Vie de parents compte sur quelque 200 professionnels, spécialistes et collaborateurs pour «informer, divertir, référer et accompagner les parents de A à Z».

Ainsi, le texte intitulé «La (charmante) poussée dentaire» est écrit en collaboration avec différents dentistes, qui sont nommés à la fin. On peut ensuite cliquer sur les noms pour avoir de l’info sur le professionnel et le contacter au besoin. Il est possible aussi de chercher directement un spécialiste (orthophoniste, podiatre, psychologue, etc.).

On tombe alors sur les fiches du professionnel ou de l’entreprise, avec description et coordonnées, qui y trouvent ainsi leur compte, en s’adressant directement à leur clientèle. La publicité présente sur le site reste discrète et s’adresse aux parents, précise Mme Avard-Bernier. Donc pas de pub d’auto pendant qu’une mère éplorée lit sur les fausses couches, illustre-t-elle.

«All in»

Les deux entrepreneurs ont laissé leur emploi de représentant en publicité, «avec les salaires, les conditions, la sécurité», pour se lancer dans cette aventure. Pas facile de se faire financer lorsqu’on veut lancer un site Web. «Pour les banques, on est un risque entier, parce qu’il n’y a rien à saisir. Donc ils disent : “Si demain matin vous fermez le site, moi je n’ai rien en garantie”.»

Convaincu d’avoir une bonne idée, le couple s’est financé lui-même. «On a extensionné notre marge hypothécaire. On a joué all in [le tout pour le tout]. C’est un grand risque, mais on savait qu’on ne se trompait pas.»

Le site, lancé il y a huit mois, obtient déjà quelque 11 000 visites par jour. L’entreprise est d’ailleurs finaliste pour la Bourse Jeune entreprise de la Jeune Chambre de commerce de Québec. L’équipe s’agrandit. «Clairement, il y avait un besoin.»