Hydro-Québec maintient sa demande de réduction de la consommation aux heures de pointe, entre 6h et 9h et entre 16h et 20h.

Un froid coûteux en électricité

Au même moment où un record de consommation d'électricité a presque été battu jeudi soir, Hydro-Québec a cumulé des importations nettes de 2000 mégawatts (MW) de puissance provenant de l'extérieur de la province. Qui plus est, le réseau éolien n'a fourni que 300 des 2000 MW espérés par la société d'État.
Le Québec est passé à 47 MW d'établir une marque historique pour sa consommation d'électricité, atteignant 38 750 MW jeudi soir à 17h13. Le record est de 38 797 MW, enregistré le 23 janvier 2013.
Frôler des records du genre s'avère toutefois coûteux pour Hydro-Québec, et par la bande pour les contribuables québécois.
Pour pallier la forte demande sur son réseau, Hydro-Québec a totalisé des importations nettes d'électricité de 2000 MW, jeudi soir, principalement en provenance de l'État de New York et de l'Ontario.
Il s'agit de l'équivalent de la consommation de 400 000 clients domestiques en période de pointe, a fait savoir Mathieu Rouy, porte-parole à la société d'État. Hydro-Québec alimente 396 136 clients dans la région de la Capitale-Nationale, qui inclut la grande agglomération de Québec, l'île d'Orléans et Charlevoix.
Il n'a pas été possible d'obtenir le prix auquel le Québec a acheté son électricité de l'extérieur de la province. «Le coût d'achat et de vente d'un MW est régi par la loi de l'offre et de la demande et varie en temps réel», a expliqué M. Rouy. Chose certaine, «c'est plus coûteux d'importer que d'utiliser ce qu'on produit», a-t-il toutefois mentionné.
L'an dernier, lorsque le record de consommation a été battu au Québec le 23 janvier, les MW importés avaient coûté entre 100 $ et 400 $ chacun.
Considérant qu'une tempête hivernale frappe actuellement la côte Est américaine, créant une demande d'électricité, et que le prix du gaz est élevé, on peut présumer que la facture a été relativement salée pour Hydro-Québec, a admis un autre porte-parole, Louis-Olivier Batty, sans pouvoir établir une fourchette de prix.
Et alors que de l'électricité d'ailleurs entrait au Québec, d'autre provenant du réseau d'Hydro-Québec sortait en vertu d'ententes contractuelles avec d'autres États ou provinces, comme le Vermont.
L'éolien fait faux bond
En plus de devoir importer de l'électricité d'ailleurs, Hydro-Québec n'a pas eu le support escompté de son réseau éolien.
Sur un potentiel de 2000 MW provenant des installations éoliennes, seuls 300 MW ont alimenté les chaumières du Québec, jeudi. «L'énergie éolienne n'était pas au rendez-vous tel que prévu, et ce, pour deux raisons : certains parcs étaient fermés en raison du froid, et il n'y avait pas de vent dans d'autres secteurs.»
En plus d'importer, Hydro-Québec a des ententes avec certains secteurs industriels pour qu'elle puisse racheter une partie de l'énergie des entreprises afin de la redistribuer dans son réseau. Cette pratique a encore été utilisée jeudi et vendredi. «Normalement, ça nous permet d'aller chercher quelques centaines de MW à des moments précis», a expliqué M. Batty.
Les demandes de réduction de la consommation à la population ont par ailleurs porté leurs fruits, alors que quelques centaines de précieux MW ont été économisés. Hier matin, à l'heure de pointe, la demande a atteint 36 940 MW. En soirée, les experts estimaient que le pic atteindrait 37 000 MW. Une journée hivernale moyenne demande environ 35 000 MW d'électricité, contre 21 000 MW en été.
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Comment agir en bon citoyen
Hydro-Québec maintient sa demande de réduction de la consommation aux heures de pointe, entre 6h et 9h et entre 16h et 20h. Voici quelques trucs pour agir en bon citoyen :
> réduire de 1 à 2 °C le chauffage dans toutes les pièces, surtout celles qui sont inoccupées;
> reporter l'utilisation de vos appareils électroménagers, notamment le lave-vaisselle et la sécheuse, deux appareils énergivores;
> éviter de prendre une douche ou d'utiliser de l'eau chaude aux heures de pointe;
> éviter l'utilisation simultanée de plusieurs appareils électroniques. Les écrans haute définition sont plus énergivores que les anciens modèles de téléviseur.