«Nous ne sommes pas en guerre contre le CAA, nous voulons répondre aux besoins de ceux qui n’ont pas le goût de s’abonner à un service. On veut être la référence mondiale de l’assistance routière», ambitionne Francois Lambert.

Un ex-Dragon joue dans la cour de CAA-Québec

Avec sa jeune entreprise Boostmi, qui emprunte un peu à Uber, l’ex-Dragon François Lambert a décidé d’entrer dans les plates-bandes de CAA-Québec, qui a longtemps monopolisé une bonne partie du marché de l’assistance routière au Québec. L’entreprise a atteint un autre niveau vendredi alors que l’homme d’affaires était de passage au Salon de l’auto sport de Québec pour annoncer un partenariat avec Alex Tagliani dans la série de courses automobiles canadienne Nascar Pinty’s.

«En 2018, les gens, notamment les milléniaux, souhaitent avoir une application sur leur téléphone intelligent ou leur tablette. Ils n’ont pas le goût de chercher le numéro de téléphone d’une entreprise de remorquage qui couvre ce territoire, d’appeler une remorque pour dire qu’ils sont au coin de telle et telle rue. Avec Boostmi, l’application détecte où est le client. De plus, il n’y a pas d’abonnement à nos services. Tu paies à l’utilisation, ce qui est aussi très apprécié des milléniaux qui sont moins portés à détenir des abonnements ou des assurances», explique M. Lambert.

Son associé Michael Bibeau et lui ont lancé Boostmi il y a deux ans et demi et la compagnie ne cesse de grandir depuis, connaissant une croissance de 300 %, 500 % ou même 500 % par année selon François Lambert. 

«On calcule que les membres du CAA utilisent le service seulement une fois par trois ou cinq ans en moyenne alors que l’abonnement annuel coûte entre 89 $ et 150 $. «Chez nous, un service coûte 72 $», indique d’ailleurs M. Bibeau. Les services offerts par Boostmi sont, grosso modo, les mêmes que CAA-Québec : survoltage, remorquage, changement de pneus.

Partout au Canada

François Lambert fait d’ailleurs remarquer qu’au Québec, sept conducteurs sur huit ne sont pas abonnés à un club automobile. «Nous ne sommes pas en guerre contre le CAA, nous voulons répondre aux besoins de ceux qui n’ont pas le goût de s’abonner à un service. On veut être la référence mondiale de l’assistance routière», poursuit-il, soulignant que son entreprise est maintenant présente partout au Canada et qu’elle vient aussi de signer une entente avec la chaîne d’écoles de conduite Tecnic.

En plus de faire affaire avec des entreprises de remorquage, seulement celles qui sont certifiées et offrent un service de qualité, insiste M. Lambert, Boostmi est allée puiser dans la recette de la multinationale de transport de personnes Uber. Des particuliers possédant des câbles ou un dispositif de survoltage peuvent s’inscrire en tant que fournisseurs de services en plus de s’inscrire comme clients. Quand un appel sera fait dans le secteur où ils se trouvent, ils seront alors sollicités pour offrir le service.

La formule de Boostmi permet à l’entreprise de répondre à un appel dans un délai de 22 minutes quand il s’agit de services «pair-à-pair» et de 38 minutes pour les services d’entreprises de remorquage professionnelles contre une moyenne qui serait de 45 minutes ailleurs dans l’industrie. «Pour des raisons de concurrence, je ne dévoilerai pas combien nous avons de fournisseurs de services, mais nous avons atteint une masse critique et plus on a de gens, plus on peut faire diminuer le temps d’attente», souligne François Lambert.

«Nous sommes les premiers dans le monde à offrir ces services dans une formule «pair à pair». Nous avons maintenant deux concurrents, tous deux situés aux États-Unis, et c’est une bonne nouvelle parce que si on était seuls, ça voudrait dire qu’il n’y a pas de marché», conclut celui qui évalue à 60 milliards $ le marché de l’assistance routière en Amérique du Nord.

Saine concurrence

Du côté de CAA-Québec, le porte-parole Pierre-Olivier Fortin dit ne pas voir d’un mauvais œil la venue de ce nouveau joueur dans le marché. Depuis plusieurs années, le CAA avait peu de compétiteurs en matière d’assistance routière outre la Dominion Automobile Association (DAA), une entreprise privée qui offre des services similaires sur abonnement, et les services semblables offerts par certains concessionnaires automobiles.

«La concurrence, c’est souhaitable et c’est sain. Ça amène tout le monde à essayer de se dépasser, nous inclus», a déclaré M. Fortin, rappelant que CAA-Québec offrait ses services 24 heures sur 24 et sept jours sur sept et que tous ses services étaient offerts par des professionnels.