Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão.

Un «Buy Québécois Act» serait contre-productif, selon Leitão

Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, estime que l'adoption d'une clause «Buy Québécois Act» comme le propose le Parti québécois pour répondre aux mesures protectionnistes aux États-Unis serait une «erreur monumentale».
«Ce que le Parti québécois est en train de suggérer, c'est qu'on devrait combattre le protectionnisme par du protectionnisme. Moi, ça me surprend beaucoup de la part d'une formation politique qui depuis les années 1980 était très en faveur de l'ouverture des marchés», a affirmé M. Leitao, lors d'une entrevue à La Presse canadienne en marge d'un événement à Montréal, samedi matin.
M. Leitao trouve «contreproductif» et «aberrant» de se «replier sur soi-même» et de «se contenter de notre marché local».
Lors du dernier conseil national du Parti québécois, le 15 janvier dernier, le chef Jean-François Lisée a annoncé son intention de s'inspirer du «Buy American Act» pour favoriser l'achat local advenant une victoire de son parti en 2018. Selon lui, la priorité à l'achat local n'entre pas du tout en contradiction avec une ouverture au libre-échange.
Le ministre des Finances déplore aussi l'approche «agressive et de contestation» qu'affiche le chef péquiste face à l'administration américaine de Donald Trump­.
«Il me semble que dans le climat actuel, c'est une approche (erronée)», a-t-il commenté.
M. Leitao a indiqué que le gouvernement du Québec discutait beaucoup avec les Américains pour leur démontrer «les bénéfices» qui découlent de leurs relations commerciales avec le Canada.
«C'est à l'avantage des deux pays de maintenir cette relation qui existe depuis longtemps et qui est très rentable pour les deux», a-t-il soutenu.
Le gouvernement souhaite aussi approfondir ses relations avec les élus et les entreprises des grandes villes et des États américains où les échanges sont déjà nombreux.
«Le travail de base doit se faire de façon efficace, sans grand excès de déclarations (pompeuses), ça doit se faire sur le terrain, ce que nous faisons déjà. Nous avons déjà augmenté les ressources humaines et financières des délégations générales du Québec aux États-Unis pour accélérer ce travail-là», a-t-il expliqué en entrevue avec La Presse canadienne.
Le ministre québécois voit aussi d'un bon oeil l'approche privilégiée par le gouvernement canadien, qui s'adresse particulièrement aux milieux d'affaires «qui sont très intéressés à maintenir les échanges bilatéraux commerciaux».
M. Leitao a rappelé que le gouvernement Couillard souhaitait participer à une éventuelle renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), tel que réclamée par la nouvelle administration Trump.
«Je pense que le gouvernement fédéral est ouvert à ça (...) Je n'entrevois pas d'obstacle», a-t-il conclu.
Interrogé sur l'affaire Pierre Paradis, ex-ministre qui a été exclu du caucus libéral cette semaine en raison d'une enquête en cours de la Sûreté du Québec (SQ), M. Leitao a dit qu'il ne ferait aucun commentaire sur le sujet.