L'argent du FICAV provient des billets d'avion et des forfaits de voyages vendus par des agences au cours des dernières années. La contribution des consommateurs (0,1 %) correspond aujourd'hui à 1 $ par tranche de 1000 $ payés. 

Un bon magot dans les coffres de la FICAV

Les coffres du Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyages (FICAV) débordent. Le magot a grimpé à 144,6 millions $ pour l'année financière 2016-2017, un bond de 10 %, a appris Le Soleil. L'Office de la protection du consommateur (OPC) envisage maintenant de bonifier la couverture pour les voyageurs.
Actuellement, le FICAV protège les consommateurs contre la fermeture ou la faillite d'une agence de voyages ou d'une compagnie aérienne. Le Fonds qui est géré par la Caisse de dépôt et placement du Québec offre également une protection aux personnes n'ayant pas obtenu les services touristiques pour lesquels elles ont déboursé de l'argent. 
Pour l'année financière 2016-2017, quelque 3000 voyageurs ayant fait affaire avec une agence détenant un permis ont eu recours au Fonds d'indemnisation, pour un montant total de 1,6 million $. Ces sommes ont notamment servi à dédommager les consommateurs lors des fermetures des agences Voyages Aller-Retour, Voyages Fascination Lévis et Voyages la Cathédrale.
Dans le cas de l'agence montréalaise Voyages Aller-Retour, 496 personnes se sont partagé la somme de 1,04 million $. Il s'agit du deuxième plus important montant déboursé par l'OPC depuis la fondation du FICAV en 2004. Le cas le plus dispendieux s'est produit en 2014 lors de la fermeture de l'agence Voyages Plein Sud. La facture avait avoisiné 1,67 million $.
Quant à la volonté de l'OPC de bonifier prochainement la couverture pour les voyageurs, le porte-parole Charles Tanguay se montre prudent dans ses réponses. 
Depuis des mois, plusieurs attentats survenus dans des pays touristiques ont fait la manchette des médias. Les derniers, la semaine dernière, à Barcelone et Cambrils, ont fait 15 morts. Au cours des dernières années, les changements climatiques ont également provoqué une hausse des catastrophes naturelles. Le Fonds pourrait-il dorénavant venir en aide aux voyageurs touchés? 
«Il est trop tôt pour indiquer quelles seront les différentes hypothèses d'élargissement de couverture», indique au Soleil M. Tanguay. «L'Office demeure attentif aux différentes situations vécues par les voyageurs. Le projet de loi no 134, déposé par la ministre de la Justice au printemps, prévoit notamment la possibilité de déterminer ou de modifier, par règlement [plutôt que par une modification à la loi comme c'est le cas actuellement], les conditions et les modalités d'indemnisation et de remboursement», poursuit-il.
Pas une «assurance voyage»
Si le projet de loi est adopté, un projet de règlement sera par la suite proposé afin de clarifier les situations couvertes par le fonds et de bonifier sa couverture, précise l'OPC.
Depuis 2004, tout près de 22 600 voyageurs québécois ont bénéficié du Fonds, qui rappelons-le, n'agit pas à titre «d'assurance voyage». Les sommes qui leur ont été versées atteignent 10,7 millions $.
Du côté de CAA-Québec, on réclame depuis un bon moment des changements au FICAV.
«C'est une protection très importante», avance la porte-parole Annie Gauthier. «Maintenant, est-ce que le Fonds pourrait faire mieux? Nous avons déjà proposé à l'OPC d'élargir la couverture à d'autres phénomènes. Par exemple, un cas de forte majeur, un événement météorologique qui se produit dans un pays qui fait en sorte qu'il n'y a plus de vol pendant deux semaines. Il faudrait toutefois que cela soit très bien encadré», poursuit-elle.
L'argent du FICAV provient des billets d'avion et des forfaits de voyages vendus par des agences au cours des dernières années. La contribution des consommateurs (0,1 %) correspond aujourd'hui à 1 $ par tranche de 1000 $ payés. Et même si le fonds a franchi l'an dernier le cap des 140 millions $, il n'est pas dans les plans de l'OPC de dispenser le voyageur de ces frais. 
«Le Règlement sur les agents de voyages prévoit que les indemnisations pour un même événement ne peuvent excéder 20 % des sommes cumulées au Fonds. Supposons la fermeture ou la faillite d'une des plus grandes agences de voyages au Québec ou d'un important transporteur national [dont le chiffre d'affaires annuel est de plus d'un milliard $], les sommes disponibles dans le Fonds doivent être suffisantes pour répondre à toutes les demandes d'indemnisation», conclut M. Tanguay.