Ciment McInnis, à Port-Daniel

Un bon départ pour Ciment McInnis

Ciment McInnis a réalisé sa première production de ciment le 16 juin et débutera sa mise en marché avant la fin de la période d'analyse de 28 jours, initialement prévue par la compagnie avant de vendre.
Si ce premier lot de ciment arrive plus tard qu'anticipé à sa nouvelle usine gaspésienne, le délai avant la vente sera significativement raccourci parce que les analyses de la qualité du produit donnent de très bons résultats, précise Maryse Tremblay, porte-parole de Ciment McInnis.
«On devrait pouvoir commencer les livraisons assez rapidement [...] En principe, cette première production devait être analysée pendant 28 jours avant une mise en marché. Dans la série de tests effectués jusqu'à maintenant, nous avons pu raccourcir ce délai [...] au-delà des attentes», note Mme Tremblay, qui ne précise toutefois pas en pourcentage le degré d'avancement des analyses.
Ciment McInnis avait allumé son four au début de mai, avant de l'arrêter puis de le redémarrer le 25 mai. C'est à ce moment que la production du premier clinker de la compagnie a été réalisée. Le clinker est le produit initial obtenu après un premier mélange de calcaire et d'autres produits, le tout préchauffé et chauffé jusqu'à 1500 degrés. Le ciment est obtenu après l'ajout d'additifs et d'un dernier broyage donnant une fine poudre.
Maryse Tremblay précise qu'à part l'exploitation de la carrière, les étapes en amont de la production de ciment «sont presque menées en continu, que ce soit le mélange de cru, la tour de préchauffage et le four à clinker».
Ciment McInnis peut accumuler jusqu'à 120 000 tonnes de clinker, ce qui lui laisse une marge de manoeuvre avant de redémarrer la production de ciment. La firme possède aussi entreposer 120 000 tonnes de ciment.
Le premier envoi de ciment ira chez Béton Provincial, dit Mme Tremblay à propos de la firme dont le siège social est à Matane, mais qui possède des installations dans plusieurs villes au Québec et dans l'est du pays.
«C'est notre fournisseur de béton lors de la construction et c'est un indépendant qui n'achète pas des producteurs établis au Québec. Nous allons substituer des importations», dit-elle.
L'établissement de Ciment McInnis a généré bien des critiques venant des entreprises internationales établies au Québec, en l'occurrence CRH à Joliette, Lafarge à Saint-Constant et Ciment Québec à Saint-Basile, parce que ces usines ne fonctionnaient pas à capacité, avant et lors de début de construction de l'usine de Port-Daniel en mai 2014.
L'engagement financier de firmes publique ou parapublique que sont Investissement Québec et la Caisse de dépôt et placement a déplu aux cimentiers, comme la décision des trois derniers gouvernements québécois de ne pas soumettre le projet au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, même si l'usine deviendra le plus grand émetteur industriel de gaz à effet de serre du Québec, avec de 1,7 à 1,8 million de tonnes par an.
Maryse Tremblay qualifie «d'excellentes» les conditions de marché. «Il y a des pénuries. Pour plusieurs de nos concurrents, la production est vendue. Nous sommes très confiants de vendre notre production».
La proportion d'exportations du ciment de Port Daniel devrait atteindre 50 %. «Ce devrait être moitié-moitié entre le marché canadien et les exportations», dit-elle.
Au début du projet, l'ancienne direction de Ciment McInnis parlait d'exporter jusqu'à 90 % de son ciment. Maryse Tremblay n'était pas à l'emploi de la firme à l'époque et croit qu'il est plus juste de parler de «90 % de la production vendue hors Québec».
Elle note en outre que l'atteinte de la capacité de l'usine, 2,2 millions de tonnes, ne sera «pas très long, peut-être d'un an et demi à deux ans».
***
Le projet en cinq dates
• Décembre 2012 : Le projet est présenté à la population par Ciment McInnis. On parle d'un investissement de 750 millions $.
• Janvier 2014 : Annonce officielle du projet, dont les injections d'argent d'Investissement Québec (prêt de 250 millions $ et d'actions pour 100 millions $) et de la Caisse de dépôt et placement du Québec (100 millions $ en actions). La construction débute en mai. L'investissement total est de 1,025 milliard $. 
• Novembre 2014 : Le coût du projet s'établit à 1,055 milliard $. Le nombre d'emplois directs et indirects est de 153, moins que les 400 annoncés en janvier.
• Juin 2016 : Annonce d'un dépassement de coût de 444 millions $. Le projet atteint 1,5 milliard $. La Caisse de dépôt et placement ajoute 40 millions $ en capital-actions.
• Août 2016 : La Caisse de dépôt et placement du Québec remplace Beaudier comme actionnaire de contrôle du projet, en ajoutant 125 millions $ en capital-actions. Sa participation s'élève à 265 millions $.